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Thesyre- Duality (2005)


Fidèle a une écriture dont il ne se départira sans doute jamais, Eric Syre grave avec Duality un deuxième effort qui se fraye un chemin dans la crevasse creusée par son ainé éponyme. Thesyre, c'est une certaine vision du black metal, qui noue une proximité avec les derniers Darkthrone tout en réussissant là où les norvégiens ratent le coche : être groovy et fielleux à la fois. Des assauts très courts, marqués au fer rouge, des grattes directement branchées sur le secteur ("Terror"), la voix frottée avec du papier de verre du maître des lieux et surtout ce tempo digne d'un blockaus au service d'une idéologie patriotique, forment la moelle épinière de ce Duality efficace en diable accroché à des falaises rythmiques. Pour autant on ne saurait le considérer comme une simple resucée de Thesyre ou du split avec Corpus Christii (F.O.A.D.). 

Le Québécois continue de travailler sa roche abrasive. Des paroles en anglais (sauf pour "Quatre lys noirs") et des lignes vocales plus variées participent de cette évolution et de ce travail. De même, les instruments ont plus de place pour s'exprimer (la basse sur "Pyromania " par exemple) tandis que la prise est plus claire ce qui ne lui ôte pas son caractère haineux. Entre tous ces crachats thrashy, on note la présence de charniers plus mid-tempo, tels que les redoutables "The Eagle in the Wheel" et "The Cult Of Victory" qui labourent les corps et les chairs. Troublant comme Thesyre parvient à sonner presque rock 'n' roll tout en ruisselant ce fluide malsain  dont il est coutumier. Ses compositions sont de purs concentrés de haine, de la matière brute à vif. Une tension court tout du long de cette litanie de fiel. Pour conclure, Duality est aussi bon que Thesyre tout en étant plus diversifié, plus travaillé, ce qui ne signifie pas que l'urgence et la brutalité souterraine aient été mis en jachère, bien au contraire. Enfin, citons la reprise de Sodom, "Outbreak Of Evil" laquelle, se glisse avec aisance au milieu de ce substrat épidermique et primitif. Que des qualités donc... (2010) ⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...