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Nicholas Ray - Les 55 jours de Pékin (1963)


Racontant la révolte des Boxers, événements peu évoqués au cinéma, Les 55 jours de Pékin fait partie de ces grosses productions comme le Hollywood des années 60 en était friand. Après le succès du Cid (Anthony Mann - 1961), Samuel Bronston produit cette fresque, faisant à nouveau appel à Charlton Heston dont c'est devenu la spécialité depuis Les dix commandements (Cecil B. DeMille - 1956) et surtout Ben Hur (William Wyler - 1959), qui se retrouve sur l'affiche après avoir rencontré Nicholas Ray au moment où celui-ci prépare La chute de l'empire romain, que réalisera finalement Anthony Mann. 

S'il ne manque pas de souffle et brille par l'ampleur de ses moyens et de ses batailles, le film déçoit pourtant quelque peu, venant de la part de Nicholas Ray lequel, il s'en sort mieux qu'avec Le roi des rois (1961), ne parvient pas à imprimer sa marque, si ce n'est à travers la photographie de Jack Hildyard et la fragilité de certains des personnages, dont celui interprété par David Niven, sans doute le mieux écrit, signant un film impersonnel qui aurait très bien pu être réalisé par Anthony Mann par exemple. De plus, s'il se montre impeccable et plus sensible qu'il n'y parait, Charlton Heston ne réussit jamais à former avec Ava Gardner un couple mythique, la faute à une histoire d'amour banale et finalement sans grand intérêt. Pourtant la comédienne campe une baronne aux allures de paria tout à fait crédible. Sorte de Alamo chinois, Les 55 jours de Pékin reste révélateur d'un certain cinéma à grand spectacle dont le but est alors de concurrencer le petit écran alors en plein essor... (21.12.2016) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...