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Ende - The Rebirth Of I (2015)


Hasard du calendrier, ce sont deux offrandes portant la signature de Ende qui voient aujourd'hui la nuit, The God's Rejects, tout d'abord, suivi de près par The Rebirth Of I. Il y a pourtant peu de rapport entre celles-ci, autant dans le fond que dans la forme d'ailleurs. L'une, la première, éditée en format en tape par le modeste – mais précieux – Cold Dark Matter Records, se révèle être en réalité une démo gravée où se serrent quelques vestiges du passé. L'autre, publiée en CD par le plus renommé Obscure Abhorrence, succède à Whispers Of A Dying Earth, deuxième opus longue durée depuis longtemps attendu. Les écouter à la suite permet de mesurer l'évolution sinon les progrès réalisés durant ces dernières années par cette entité que guide l'âme tourmentée de I Lucifera (Reverence), toujours flanqué du batteur Thomas Njodr, quand bien même on retrouve toujours, indélébile, cette froide et crépusculaire noirceur. Par rapport à sa devancière, les différences sont notables également, moins dans les traits affichés que dans une écriture plus aboutie, laquelle donne cette fois-ci naissance à de très grandes compositions, de celles qui creusent de profonds stigmates dans la mémoire au point de vous hanter longtemps après que l'écoute se soit achevée. 


A ce titre, citons déjà Black Sorcery Of The Great Macabre, pulsation que vrillent des guitares affûtées aux allures de rasoir trempé dans la rouille. Son tempo implacable ouvre des paysages désolés et abruptes tour à tour reptiliens ou agressifs. Une forêt de cadavres offre une autre occasion à The Rebirth Of I d'atteindre l'orgasme mortifère lorsque le groupe se met à serrer le frein à main à mi-parcours, tricotant alors des notes obsédantes suspendues au-dessus d'un gouffre sans fond. Ce ne sont bien entendu pas les seuls moments forts de cet album qui en comprend beaucoup d'autres, œuvre à la fois tortueuse dans ses reliefs et homogène dans ses atmosphères aussi haineuses que désespérées, balisée par de courtes émanations instrumentales aux relents sinistres (An Ode To Bathsheba). Bien que composé d'une dizaine de titres, l'opus doit s'appréhender comme un tout indivisible dont le ciment sont ces ambiances froidement lugubres qui tout du long se répètent, se répandent tel le suaire d'une liturgie obscure. L'identité du groupe se reconnaît également à travers les textes du maître des lieux, oscillant entre l'anglais, le français (Seul vers les ténèbres) et le norvégien (De Glemte Skogen) en une poésie funèbre… Hostie froide et lugubre, tranchante et furieusement belle, The Rebirth Of I affirme la marque ténébreuse d'une entité parmi les plus passionnante de la chapelle noire hexagonale. (18.09.2015 | LHN) ⍖⍖⍖

                                 

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...