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Thesyre - Thesyre (2003)


Comme son nom éponyme l'indique, Thesyre est le premier méfait du québécois après plus de huit années passées à graver tout seul dans son coin plusieurs démos. Emporté par un sentiment d’urgence palpable, il est celui qui va fixer durablement la signature de son mentor, à savoir ce black metal à la fois groovy, presque rock n roll ("Virus") et pourtant fiévreux et particulièrement malsain, caractère qu'il doit beaucoup à la voix râpeuse d'Eric Syre (sur "La grande finale" notamment). S'il reprend les cinq titres de la démo d'août 2002 ("The Cleansing", "Elitsim"...), le disque présente un fuselage sonore plus clair, moins primitif. On pourrait le regretter. Néanmoins, le son, qui claque, fouaille les chairs, a gagné une puissance de feu imparable et n'a pour autant rien perdu en sincérité et en âme. Avec une attitude quasi punk dans l'esprit, Thesyre, aussi bien le projet que l’homme tant les deux se confondent, expulse de ses tripes dix saillies rapides et toujours très courtes (entre deux et trois minutes, jamais davantage c‘est dire). Ce sont des coups de boutoir implacables qui déchirent les muqueuses sans faire de pauses. 

Moins de trente minutes au compteur, l'album va  très vite, guidé par ces ondes nationalistes et fielleuses à l'instar des "Propagandart", "Triumphant March" et autre "Creed", véritables mines anti-personnelles qui vous pètent à la gueule. Décharné et garanti première prise (« The Arsonist »), c’est un black 'n' roll qui donne envie de taper du pied même si parfois Thesyre lui préfère un tempo plus pesant, rare peut-être mais super efficace et faisant exploser le compteur Geiger de la vermine comme en témoignent « La grande finale », rampant comme un panzer en pleine campagne de Pologne et "Ashes", que rehausse la voix de John Gill d'Alpha Drone, exercice qui sied toujours bien au solitaire (Departure l’avait d’ailleurs déjà démontré)  et qui vient casser une ligne qui sans lui, serait trop droite. Un excellent premier rot dont la très haute tenue trahit de longues années à travailler un matériau déjà mur. On sent effectivement que les compos ont été bien rodées par un musicien déjà sur de son art et de sa vision du black metal. (2010) ⍖⍖⍖

Un grand merci à Eric Syre pour m'avoir demandé de chroniquer la quasi intégralité de son oeuvre.

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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

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