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OSI - Blood (2009)


Si à l'origine, avec son premier essai, OSI (pour Official Strategic Influence) pouvait s'apparenter à une sorte de dreamteam du metal progressif en réunissant rien moins que Kevin Moore (Chroma Key et surtout ex-Dream Theater), Jim Matheos (Fates Warning), Mike Portnoy (Dream Theater), Sean Malone (Cynic, Gordian Knot), sans oublier le temps d'un titre mémorable ("Shutdown"), Steven Wilson de Porcupine Tree, le projet se recentre peu à peu autour du seul duo Moore/Matheos. Encore présent sur Free, quoique davantage comme exécutant, le batteur de Dream Theater a depuis quitté le navire (il a d'ailleurs déclaré récemment qu'il ne voulait plus jamais collaborer avec Kevin Moore !), pour être remplacé par Gavin Harrison (Porcupine Tree) et sa frappe lourde. Après, comme d'habitude, trois ans d'attente, OSI livre avec Blood, son troisième album. Ceux qui avaient été déçus par le virage moins metal de son prédécesseur, en seront encore une fois pour leur frais, quand bien même ce nouvel opus est peut-être un peu plus musclé. Il se veut surtout plus réussi encore que Free, pourtant déjà une oeuvre de grande qualité. La singularité du projet, pour faire simple, est de présenter, tel Janus, deux visages : une face metal, entretenue par le guitariste de Fates Warning et une face plus expérimentale, plus trip hop parfois, que l'on doit surtout à Moore. Corollaire de cette ambivalence, les titres donnent l'impression d'osciller à première vue entre ces deux rivages, comme en témoignent les deux premiers d'entre eux, le furieux "The Escape Artist" et l'émotionnel "Terminal", drapé dans des teintes seventies du plus bel effet libérées par un clavier qui semble tout droit sorti du House Of The Holy (et de "No Quarter" en particulier) de Led Zeppelin et que l'on retrouve également avec bonheur sur "Stockholm", morceau magnifique chanté par Mike Akerfeldt d'Opeth. 


De même, le fantomatique "We Come Undone" s'impose comme une superbe pièce écrite à l'encre du désespoir typique su style de Kevin Moore. Mais, à la différence par exemple d'un Antimatter, le tandem sait aussi pratiquer le syncrétisme musical. Ainsi "False Start", le monumental et envoûtant "Radiologue" (certainement un des sommets du projet en terme d'écriture), "Microburst Alert", parasité par une prolifération de sons et de bruitages étranges et "Stockholm", zébré par des guitares énormes, conjuguent avec brio metal progressif et effluves hypnotiques. Et si certains seront rebutés par la voix - très particulière il est vrai - du claviériste, proche parfois du Peter Gabriel contemporain, lequel a toutefois fait de gros progrès dans ce domaine, OSI prouve néanmoins que le prog ne se limite pas à une musique stéréotypée, propice à la branlette instrumentale et peut s'aventurer sur des terres plus originales, moins démonstratives (ça joue pourtant à un très haut niveau mais les lascars ne ressentent jamais le besoin d'en foutre plein la vue !) et plus ouvertes sur l'émotion et ce, en dépit de la froideur désincarnée de l'ensemble. Plus que jamais donc, OSI reste à part car il cultive un univers qui lui est propre, qui ne ressemble de fait à aucun autre et Blood se révèle être sans doute son oeuvre la plus aboutie à ce jour et ce faisant démontre que la somme est toujours supérieure aux talents individuels. Enfin, je ne peux que vous conseiller, vous inciter même à vous procurer l'édition limitée qui offre, cerise sur le gâteau, l'occasion d'entendre le dandy Tim Bowness se frotter à une composition plus heavy (le fantastique "No Celebrations"), bien loin de l'univers feutré de son No-Man. (27/05/2010)



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Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

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