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Georges Lautner - Ne nous fâchons pas (1966)


Dernière des trois collaborations entre Georges Lautner et Lino Ventura, après bien entendu Les tontons flingueurs et Les barbouzes, Ne nous fâchons pas s'avère être le moins maîtrisé mais le plus loufoque du lot, tirant franchement vers le dessin animé à la Tex Avery. Les grimaces et autres pleurnicheries de Jean Lefebvre ne sont d'ailleurs pas étrangères à cet aspect cartoonesque revendiqué. Avec la complicité de Michel Audiard, le réalisateur s'amuse, ce qui ne l'empêche pas de livrer une mise en scène toujours inventive et décomplexée. Avec en sus, cette touche pop complètement décalée qui louche vers l'absurde à l'anglaise très en vogue dans la seconde moitié des années 60. 

Autant échec critique que triomphe commercial, on connaît par coeur ce film dont on ne se lasse pourtant pas, animé par des comédiens qui en font des caisses, ce qui colle parfaitement au ton franchement parodique de l'ensemble, galerie de personnages hilarants où l'on croise les fidèles André Pousse et Robert Dalban. IL ne faut pas oublier non plus le charme ingénu de Mireille Darc, alors véritable muse de Georges Lautner dont elle est à cette époque, presque de tous les films. Du cinéma comme on n'en fait plus et surtout comme on ne sait plus en faire ! (14.03.2016) ⍖⍖⍖





Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...