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Thesyre - Exist ! (2006)


Que des groupes de funeral doom ou de rock progressif, habitués aux marathons décident un jour de tenter l'aventure du disque seulement composé d'une piste unique ne surprend pas. Que Thesyre, davantage enclin aux parties de ça va vient de trois minutes guère plus, s'essaye à cet exercice périlleux, oui. Et plutôt deux fois qu'une ! C'est pourtant ce que la horde québécoise propose avec Exist !, son troisième méfait et le premier à bénéficier de l'appui Dun label reconnu, Osmose, en l‘occurrence. Et aussi étonnant que cela puisse paraitre, le résultat s'impose même comme l'œuvre la plus aboutie de Thesyre car aussi la plus ambitieuse. Par on ne sait trop quel miracle, celui- ci est parvenu à adapter une écriture dépouillée et crue à un format - une longue plage de plus de trente minutes - qui, sur le papier pourrait sembler incompatible avec ce genre de black métal épidermique. Or une fois entre les oreilles, Exist ! prend toute sa (de)mesure. 

Plus thrashy que jamais Thesyre expulse de ses entrailles un titre passionnant de bout en bout et toujours cohérant.  Il n'a ainsi jamais l'air de n'être qu’un agrégat maladroit de plusieurs morceaux quand bien même on distingue clairement plusieurs moments qui le saucissonnent. Exist ! démarre par des roulements de batterie tandis que peu a peu monte un riff grésillant. Puis le rouleau compresseur thrash se met en route digne d’un panzer. La voix rocailleuse d' Éric Syre dégueule sa bile avec sa conviction coutumière. Ultra pesant et émaillé de rifts profonds, Exist ! poursuit sa croisade haineuse et patriotique. Les breaks se multiplient, conférant à cette architecture des allures de forteresse. En milieu de parcours, le tempo arrête sa course en avant de longues minutes malsaines durant. Le temps est suspendu au dessus du vide. A cette coupure plus funeste que contemplative succède une dernière partie des plus efficaces. Redoutable, le rythme dresse alors une verge dure et tendue. Le titre file vers sa conclusion, s’enfonçant dans une cavité humide aux portes du doom organique. Les ultimes mesures marquent un retour au black implacables du début. Un final explosif et orgasmique. Sans doute le chef d'œuvre de Thesyre. Son coup de folie ? Oui. Son coup de génie ? Deux fois oui ! (2010) ⍖⍖⍖


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