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Rob Zombie - 3 From Hell (2019)


L'histoire commence en drame et se termine en farce, disait en substance Karl Marx. Cette pensée colle très bien à la carrière cinématographique de Rob Zombie et, plus particulièrement à ce qui forme désormais une trilogie, cet ensemble de films composé de La maison des 1000 morts (2003), The Devil's Rejects (2005) et 3 From Hell. Ainsi, ce qui au départ était sombre et brutal quoique toujours parasité par un humour trash vire à l'autoparodie. Cette suite tardive des deux premières - et meilleures - bobines du musicien américain était autant attendue que crainte eu égard à l'incontestable érosion de son talent constatée depuis Halloween 2 (2009). 3 From Hell confirme à la fois ce déclin d'un réalisateur pourtant si doué et son incapacité à se renouveler, prisonnier d'un univers crasseux et goguenard qui n'appartient qu'à lui. Ceci expliquant sans doute cela. Bien que rude et violent comme il se doit, poinçonné de scènes avec des filles à poils, ce film fait davantage sourire, avec son langage fleuri et ses dialogues orduriers, que trembler. Ce n'est pas grave. 

Ce qui l'est plus est en revanche son absence d'histoire à raconter. Ivre de son style, Zombie semble n'avoir d'autre but que de se faire plaisir avec sa femme et ses potes, oubliant qu'il devrait avoir une intrigue à filmer. Mais Sid Haig décédé pendant le tournage et Sheri Moon qui en fait exagérément des caisses, 3 From Hell ne peut compter que sur Bill Moseley, lequel forme un duo efficace avec Richard Brake, pour éviter aux spectateurs de se lasser des outrances verbales et visuelles. Malgré tout, reconnaissons que ce troisième épisode est bandant à regarder. Il sent la sueur et le foutre, fait joyeusement fi de la moindre concession hollywoodienne et nous rappelle que Rob Zombie est un homme de goût. La bande-son évidemment rock 'n' roll et l'hommage aux catcheurs mexicains et à Santo, le plus emblématique  d'entre eux, en témoignent. Est-ce suffisant pour en faire un film indispensable ? Non. Mais pour cracher une bonne tranche de violence crapoteuse et gouailleuse, oui. Ce n'est finalement déjà pas si mal, fait oublier un 31 décevant et vaut toujours mieux qu'un Tarantino ! De là à rassurer quant à l'avenir de Zombie, il y a un pas que nous nous garderons bien de franchir...  (vu le 16.04.2021) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...