Accéder au contenu principal

Michele Massimo Tarantini - Un homme appelé karaté (1973)


Réalisateur emblématique des sexy comédies italiennes avec la déesse Edwige Fenech (La flic chez les poulets, La toubib se recycle), Michele Massimo Tarantini fait pourtant ses débuts sous le signe du polar avec Un homme appelé Karaté. Ce dernier est un film bizarre et seulement à moitié réussi. Bizarre car il exhale l'arôme du poliziottesco avec sa violence sèche et son George Hilton (étonnamment moustachu) qui promène son charisme décontracté, mais que l'influence des pellicules d'art martiaux alors à la mode dévie vers l'action pure et dure tandis qu'une musique aux accents parfois westerniens achève de le rendre curieux. A moitié réussie parce que le récit s'enlise rapidement dans l'ennui, dévidant une trame aussi banale qu'embrouillée dont on finit par se désintéresser. 

Abusant des ralentis, les scènes de karaté se révèlent peu convaincantes sinon ridicules, un comble pour un film de baston ! Malgré tout, multipliant les cadrages habiles, Michele Massimo Tarantini sauve l'ensemble alors même qu'il n'est pas un spécialiste du genre cependant qu'une certaine mélancolie suinte de cette histoire marquée par l'échec et la mort (celle de la belle Rosemarie Dexter), amertume soulignée par le jeu de George Hilton tout en tension rentrée. Il en découle un film attachant qui se nourrit autant de ses faiblesses que de celles de ses personnages. Oublié et mineur, 7 Hour Of Violence mérite d'être re(découvert) mais dans le registre du polar, Tarantino offrira plus tard un Calibre magnum pour l'inspecteur (1977) bien plus jouissif.  (10.10.2022) ⍖⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...