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Michele Massimo Tarantini - Un homme appelé karaté (1973)


Réalisateur emblématique des sexy comédies italiennes avec la déesse Edwige Fenech (La flic chez les poulets, La toubib se recycle), Michele Massimo Tarantini fait pourtant ses débuts sous le signe du polar avec Un homme appelé Karaté. Ce dernier est un film bizarre et seulement à moitié réussi. Bizarre car il exhale l'arôme du poliziottesco avec sa violence sèche et son George Hilton (étonnamment moustachu) qui promène son charisme décontracté, mais que l'influence des pellicules d'art martiaux alors à la mode dévie vers l'action pure et dure tandis qu'une musique aux accents parfois westerniens achève de le rendre curieux. A moitié réussie parce que le récit s'enlise rapidement dans l'ennui, dévidant une trame aussi banale qu'embrouillée dont on finit par se désintéresser. 

Abusant des ralentis, les scènes de karaté se révèlent peu convaincantes sinon ridicules, un comble pour un film de baston ! Malgré tout, multipliant les cadrages habiles, Michele Massimo Tarantini sauve l'ensemble alors même qu'il n'est pas un spécialiste du genre cependant qu'une certaine mélancolie suinte de cette histoire marquée par l'échec et la mort (celle de la belle Rosemarie Dexter), amertume soulignée par le jeu de George Hilton tout en tension rentrée. Il en découle un film attachant qui se nourrit autant de ses faiblesses que de celles de ses personnages. Oublié et mineur, 7 Hour Of Violence mérite d'être re(découvert) mais dans le registre du polar, Tarantino offrira plus tard un Calibre magnum pour l'inspecteur (1977) bien plus jouissif.  (10.10.2022) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...