Accéder au contenu principal

Thesyre - August 2002 (2002)


Sorti de la froide terre québécoise en 1995, Thesyre adopte tout d'abord la forme d'un projet solitaire, oeuvre du seul Eric Syre. A l'instar de nombre de hordes compatriotes, le nationalisme constitue l'un des principaux terreaux dans lequel le one man band s'alimente. Durant plusieurs années, le musicien grave un grand nombre de démos. La première à bénéficier d'une (modeste) distribution est celle d'août 2002. Elle dévoile un black metal nourrit au thrash, sale et épidermique, rustre et sans affèteries. Dressant déjà une insolente érection créatrice, Eric Syre plaque un tempo implacable chargé d’un groove malsain qui malgré tout donne envie de taper du pied. La prise de son est minimaliste et polluée mais elle colle parfaitement à une musique au feeling presque punk. 

Cinq crachats, qui rempliront plus tard le premier jet longue durée éponyme, en à peine un quart d’heure : ce programme témoigne d’une structure  simple à l’efficacité redoutable. Il suffit d’écouter « The Naive Creed » et ses breaks pesants pour s’en convaincre, cependant que « Triumphant March » et « Elitism » érigent de véritables blockhaus. Parfois proche d’un Darkthrone, Thesyre est néanmoins détenteur d’une signature qui n’appartient qu’à lui, laquelle repose à la fois sur le message patriotique et haineux(« Cleansing ») et surtout sur une négativité malfaisante et glaciale imprimée par un rouleau-compresseur (« Termination »). Excellents préliminaires donc bien qu’un peu trop courts évidemment pour ce projet attachant. (2009) ⍖⍖

Un grand merci à Eric Syre pour m'avoir demandé de chroniquer la quasi intégralité de son oeuvre.


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...