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Gilles Grangier - Adémaï, bandit d'honneur (1943)


Huit ans après Adémaï au Moyen Age, Noël-Noël endosse pour la troisième et dernière fois le rôle de ce gentil benêt inventé par Paul Colline. Alors qu’il croit avoir été invité en Corse par des cousins éloignés pour passer un mois de vacances, il se retrouve mêlé à la vendetta qui oppose deux clans. Bien qu’il débute sous le sceau de la mort, Adémäi bandit d’honneur reste un pur divertissement qui s’amuse de la société corse régie par des codes d’un autre temps. Tourné durant la Seconde Guerre mondiale, peut-être faut-il voir dans cet appel à la réconciliation un message pacifiste plus large. 


Dans tous les cas, le film rencontra un grand succès à l’instar de ses deux prédécesseur. Noël-Noêl pourra paraître agaçant, il est néanmoins très amusant dans la peau de cet idiot héros malgré lui. Toute de noir vêtue, Gaby Andreu irradie une beauté presque macabre et Gilles Grangier, pour sa première réalisation (que lui a confiée sa tête d’affiche), assure déjà un travail solide, fruit de sa longue expérience d’assistant pour Georges Lacombe ou René Pujol, enrobant les décors du maître Jacques Colombier, d’une sombre poésie. Bien sûr, Adémaï bandit d’honneur n’est absolument pas indispensable mais, charmant, il distille le cachet suranné des vieilles choses. (04.02.2024) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...