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Gilles Grangier - Adémaï, bandit d'honneur (1943)


Huit ans après Adémaï au Moyen Age, Noël-Noël endosse pour la troisième et dernière fois le rôle de ce gentil benêt inventé par Paul Colline. Alors qu’il croit avoir été invité en Corse par des cousins éloignés pour passer un mois de vacances, il se retrouve mêlé à la vendetta qui oppose deux clans. Bien qu’il débute sous le sceau de la mort, Adémäi bandit d’honneur reste un pur divertissement qui s’amuse de la société corse régie par des codes d’un autre temps. Tourné durant la Seconde Guerre mondiale, peut-être faut-il voir dans cet appel à la réconciliation un message pacifiste plus large. 


Dans tous les cas, le film rencontra un grand succès à l’instar de ses deux prédécesseur. Noël-Noêl pourra paraître agaçant, il est néanmoins très amusant dans la peau de cet idiot héros malgré lui. Toute de noir vêtue, Gaby Andreu irradie une beauté presque macabre et Gilles Grangier, pour sa première réalisation (que lui a confiée sa tête d’affiche), assure déjà un travail solide, fruit de sa longue expérience d’assistant pour Georges Lacombe ou René Pujol, enrobant les décors du maître Jacques Colombier, d’une sombre poésie. Bien sûr, Adémaï bandit d’honneur n’est absolument pas indispensable mais, charmant, il distille le cachet suranné des vieilles choses. (04.02.2024) ⍖⍖


Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...