Accéder au contenu principal

Ende - Whispers Of A Dying Earth (2012)


Difficile de parler de Ende sans évoquer son principal auteur, I. Luciferia, activiste de la chapelle noire hexagonale (Reverence surtout mais aussi Animus Herilis, Osculum Infame...) que n'effraye pas non plus l'Ambient, comme l'a démontré le split que son Leben Ohne Licht Kollectiv a partagé avec Immemorial. Voilà donc un musicien inspité sinon talentueux dont Ende est le jardin secret en cela qu'il y fait tout ou presque, ne laissant que la batterie à un autre être humain, Thomas Njodr au cas particulier, lequel confère à l'ensemble l'indispensable touche organique qui la distingue de tous ces machins paralysés par une énervante boîte à rythme. Peut-être pas vraiment un one-man band donc mais l'esprit y est pourtant, longtemps laboratoire solitaire d'une seule âme comme en témoigne la genèse de Whispers Of A Dying Earth , opus séminal gravé entre 2004 (ses deux derniers titres, ce qui s'entend d'ailleurs) et 2010 (tout les reste). Que le chanteur et guitariste de Reverence soit derrière Ende représente un indice précieux quant à la teneur de ce dernier autant dans la forme que dans le fond. 


Dans la forme, il est l'assurance d'une réalisation très professionnelle où les riffs pollués s'accouplent néanmoins avec une prise de son âpre et nerveuse loin de la bouillie derrière laquelle se planquent trop souvent les albums de ce genre. Dans le fond ensuite, sa présence arrime par nature l'offrande à une certaine tradition nationale, tranchante et véloce à la fois mais que drape toutefois un suaire d'ambiances mélancoliques à l'image du squelettique et très bel instrumental final, 'Les souhaits d'un songe' et ses arpèges sécrétatoires d'une tristesse infinie. La majorité de ces neuf compositions galope à travers une géographie accidentée que sillonnent des chemins escarpés. Le long 'A Cold Way', que perforent de nombreuses crevasses, 'Whispers Of A Dying Earth', mid-tempo sévère et 'Our Funeral' participent de cette architecture tourmentée, alternant avec de furieux blasphèmes ('De Profundis', 'Thorns') pour aboutir à un menu extrêmement tumultueux. Sachez qu'au moment où vous lirez (peut-être) ces quelques lignes tardives, Ende sera en train de préparer une seconde offrande que la jouissive défloration de sa devancière rend forcément très attendue... (17.02.2015 | LHN) ⍖⍖⍖

                                 

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...