De Serge Korber, on se souvient surtout de ses deux Louis de Funès (L'homme orchestre et Sur un arbre perché), d'Un idiot à Paris avec Jean Lefebvre et des feux de la chandeleur avec, entre autres, Annie Girardot. Mais à l'instar de Claude-Bernard-Aubert ou Claude Mulot sous les pseudonymes respectifs de Burd Tranbaree et Frédéric Lansac, il s'est lui aussi essayé au porno sous le sobriquet de John Thomas, troussant quelques bobines entre 1975 (L'essayeuse qui déclencha des réactions passionnées et hostiles dans la France giscardienne) et 1977 (Pornotissimo). A bout de sexe est l'une d'entre elles. Egalement exploité sous les titres alternatifs et hautement évocateurs Un grand coup dans le pare-chocs, Jeunes filles perverses ou Trio érotique, il ne s'agit pas du meilleur film de cet âge d'or du X hexagonal mais il est empreint de cette liberté de ton, de cette grivoiserie joyeuse associées à l'esprit transgressif de son temps, qui lui confèrent sa fraicheur sympathique.
Il se veut surtout révélateur d'une époque où le porno n'était pas (encore) cloisonné, où des comédiens du cinéma classique (Bernard Musson, Pamela Stanford ou Richard Darbois au cas particulier) ne craignaient pas de figurer aux côtés d'actrices coquines (Martine Grimaud, Sylvia Bourdon) qui se font enfiler entre une bite et des dialogues dans la bouche (car on leur demandait aussi de savoir jouer !). S'il n'a pas affirmé dans le porno un talent plus mémorable que dans le cinéma traditionnel, Serge Korber, en osant braver la censure, a toutefois démontré une personnalité attachante à défaut d'une franche inspiration. Et ces films gentiment égrillards, bricolés en quelques jours, auront de toute façon toujours plus de charme que leurs héritiers d'aujourd'hui, certes plus excitants mais sans âme ni cinéma de dedans. (03.09.2023) ⍖⍖




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