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Umberto Lenzi - Le cynique, l'infâme, le violent (1977)


Entre la fin des années 50 et les années 80, le cinéma bis italien a fonctionné par modes. Se sont ainsi succédé les péplums, puis les films de pirates, l'épouvante gothique, le western, l'eurospy, le giallo, le polar urbain etc... Résonance des années plomb, le poliziottesco traverse les années 70 avec une série de bandes violentes. Si de Castellari à Di Leo en passant par Martino ou Massi, la plupart des réalisateurs se sont frottés aux gros calibres, c'est sans doute Umberto Lenzi qui a le plus oeuvré pour ce genre riche en douilles, de La guerre des gangs (1973) à Corléone à Brooklyn (1979). Ses hauts faits d'armes sont surtout La rançon de la peur et Brigade spéciale. Suite au succès de ce dernier, la production d'un second film ayant pour héros le commissaire Tanzi, incarné par Maurizio Merli, est lancé. Le cynique, l'infâme, le violent n'en est pas vraiment la suite car si Tomas Milian est à nouveau à l'affiche, ce n'est plus dans le rôle du Bossu mais du Chinois, personnage que le flic ne croisera que durant les dernières bobines.

Les deux comédiens ayant eu des rapports conflictuels sur le tournage de Roma A Mano Armata, les scénaristes se sont ainsi arrangés pour que Merli et Milian aient le moins de scènes en commun. Flanqués de John Saxon, ils forment en tout cas une distribution en béton armé que complètent quelques gueules habituelles (Riccardo Garonne) et la belle Gabriella Lepori. Gommant les prétentions sociales ou contestataires de beaucoup de poliziottesci, Le cynique, l'infâme, le violent mise sur la brutalité et la castagne. Maurizio Merli n'est pas Franco Nero ou Enrico Maria Salerno. Il tire de fait le film davantage vers l'action que vers la dénonciation de la corruption ou d'une violence gangreneuse. Si le scénario a ses limites, Lenzi fait montre d'une habileté remarquable et de la nervosité ad hoc, emballant son métrage avec précision et une rigueur inattendue quand bien même on regrette le caractère malsain et crapoteux de La rançon de la peur. Ajoutons à cela le thème musical très chouette composé par Franco Micalizzi et on obtient à l'arrivée un des meilleurs néo-polars italiens.  (vu le 01/12/2018) ⍖⍖




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