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Georges Lautner - Le professionnel (1981)


S'il a beau être un des plus gros succès commerciaux de Belmondo après L'as des as (1982) et Le cerveau (1969), Le professionnel n'en reste pas moins un presque nanar. Le début, où le contexte de la Françafrique est traité à gros traits, paraît raté tandis que plusieurs séquences sombrent dans le ridicule (Bébel clochard, la flic lesbienne...). Même l'inoubliable et très belle musique de Ennio Morricone, en réalité composée pour un autre film, Maddalena (1971), finit par lasser à force d'être utilisée de façon excessive et pas toujours appropriée. En outre, on cherche en vain la verve de Michel Audiard et le talent de Georges Lautner, alors réduit au rang de solide technicien ayant abdiqué depuis longtemps toute ambition. Que le réalisateur, pourtant si inventif, des Tontons flingueurs, semble loin !  

Alors qu'on peut regretter que le film passe à côté d'un bon sujet (les relations politiques troubles entre la France et l'Afrique), c'est pourtant quand il assume sa fonction de pur véhicule pour le comédien que Le professionnel se révèle le plus jubilatoire. L'action y est donc au rendez-vous (la longue poursuite en bagnole), l'affrontement viril entre un héros sans peur et un flic retors et cruel, aussi. Comme toujours avec la star, la distribution est en béton armé (Jean Desailly, Bernard-Pierre Donadieu, les fidèles Michel Beaune et Pierre Vernier) avec un Robert Hossein convaincant en salaud, que Belmondo retrouve dix ans après Le casse. Par contre les rôles féminins ont été clairement sacrifiés et sont mal interprétés qui plus est. Malgré ses faiblesses, on ne peut pas s'empêcher de prendre du plaisir à regarder ce film, vestige d'un cinéma (français) d'un autre temps... (11.06.2019) ⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...