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Witchcraft - S/T (2004)


L’habit ne fait pas le moine, dit-on. Cet adage colle parfaitement à ce jeune groupe suédois. En effet tout, de l’artwork occulte signé Stephen O’Malley (Sunn O)))), au nom du groupe, en passant par le label qui le produit (Rise Above, propriété du leader de Cathedral, Lee Dorrian, et spécialisé dans le doom et le stoner), nous incite à penser d’abord que Witchcraft n’est qu’un de ces énièmes clones du Black Sabbath première incarnation (avec Ozzy donc). Pourtant, en dépit de quelques attaches à l’univers du grand Sabbath (la voix de Magnu Pelander notamment), les influences de Witchcraft sont à chercher ailleurs. Oh, pas très loin en réalité ; mais davantage du côté de la fin des sixties et de toute la vague psychédélique et hippie.


Led Zeppelin, Deep Purple ou Vanilla Fudge sont quelques noms auxquels on pense à l’écoute de ce premier essai. Le mimétisme est troublant et on se croirait revenu 30 ans en arrière : même patine sonore, même son de guitare, même type de voix… De fait, parler de stoner à l’encontre du groupe ne peut être que réducteur car il ne se résume pas à une copie de Sabbath. Au contraire, c’est tout un pan du hard rock alors balbutiant qu’il ressuscite (visez les fringues des zicos pour vous en convaincre !). Ce disque éponyme passe comme une lettre à la poste, avec sa collection de perles roots de chez roots (“ Witchcraft ”, “ Please Don’t Forget Me ”, Lady Winter ”, “ No Angel Or Demon ”) qui font très vite leur trou dans le caberlot, même si d’autres titres sont plus faibles. Décidément Lee Dorrian a toujours le nez creux pour dénicher des combos intéressants. (2006) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Au-delà (2010)

De tous les films réalisés par Clint Eastwood, Au-delà reste sans doute celui qui a la plus mauvaise réputation, considéré comme un ratage complet par beaucoup de critiques, sauf les Cahiers du Cinéma. Il va sans dire, que je ne partage pas cet avis. Hereafter n'est certes pas sans défaut, on peut lui reprocher une approche de l'au-delà naïve voire caricaturale, une partie française peu convaincante, digne d'un téléfilm. pourtant, Eastwood réussit à ne jamais sombrer, parfois de peu il est vrai, ni dans le pathos ni dans le ridicule qu'imposait ce sujet ô combien casse-gueule, grâce au classicisme élégant de sa mise en scène d'une grande fluidité et en jouant sur les clairs obscurs qui permettent de sauver du risible les séquences de spiritisme. Quelques notes de piano lui suffisent aussi pour peindre la solitude de personnages dont on sent qu'il les aime. Si les scènes du tsunami sont à couper le souffle, de même que celles de l'attentat de Londres, le f...

Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...