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Cavus - Fester And Putrefy (2010)


Troisième côté du triangle Black Metal scandinave, la Finlande est toujours restée un peu dans l’ombre des voisins norvégiens et suédois. Pourtant, elle possède une chapelle impie qui n’est ni dénuée d’intérêt ni de personnalité. Fouaillant dans les entrailles de l’occultisme et du Death Metal, ses prêtres ont souvent le fiel et le sang dans la bouche, machines de guerre cryptiques et froides comme la roche en hiver. Dernier rejeton d’une grande famille dont l’ancêtre vénéré demeure toujours le grand Horna, Cavus régurgite avec Fester And Putrefy un premier blasphème longue durée, pestilentiel et haineux comme il se doit. Ce groupe encore tout jeune mais déjà bien décidé à poser sa pierre à l’édifice ténébreux, respecte à la lettre une certaine définition de l’art noir fait de coups de boutoir rapides, intenses et malfaisants. Emportés par une cascade de haine et de blasts, ces dix crachats démoniaques aux forts relents de charniers encore fumants, avalent leur quarantaine de minutes sans faire la moindre pause, ou presque. Ils rôdent à la lisière du Thrash/Death bourrin ("Death Rattle"), du gros rouge qui tâche tout en parvenant à ouvrir parfois les stèles du cimetière afin de libérer des émanations sinistres comme on les affectionne. 


Le vicieux "The Eyeless Gaze", écartelé par un break reptilien, illustre ce visage malsain, à l’instar également du rampant "Possessed By The Devils Blood" et il est dommage que Cavus ne braconne pas davantage sur ce terrain là durant cet album qui préfère les saillies brutales aux lentes mortifications. Du coup, la seconde moitié de Fester And Putrefy paraît plus intéressante, alternant ses deux modelés, le plus souvent au sein même d’un morceau de chair, à l’image du définitif "Worship And Rot". Ceci dit, dans le genre, les Finlandais étalent leur savoir-faire avec insolence et professionnalisme et on peut comprendre pourquoi Listenable leur a mis le grappin dessus. Voilà en effet un bon album de Black/Death, véloce et sauvage, certes bien peu original (ce n'est pas le but) et nourri directement à la mamelle satanique bas du front, mais néanmoins idéal pour faire saigner les oreilles et avec ce sens de la mélodie nerveuse qui fait tâche et une atmosphère assez malsaine. (05.10.2010 | MW) ⍖⍖

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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...