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Blackmore's Night - Winter Carols (2006)


Année qui demeurera importante dans la longue carrière de Ritchie Blackmore, 2006 l’aura en effet vu publier une de ses meilleures offrandes (The Village Lanterne) et se produire à l’Olympia, salle légendaire s’il en est, pour un concert d’ores et déjà historique (le premier du groupe en France, pays que le guitariste n’avait qui plus est pas visité depuis 1995 tout de même). Comme si cela ne suffisait pas, voilà déjà Blackmore’s Night de retour avec ce Winter Carols. Mais attention, celui-ci n’est pas à proprement parler un nouvel album du tandem, plutôt un cadeau de Noël. En effet, aucun titre original à l’horizon (hormis une relecture du “ Wish You Were Here ”, qui figurait au menu de Shadow Of The Moon) mais une collection de chansons de Noël à la sauce médiévale. Les fans de Deep Purple et de Rainbow se pinceront certainement le nez à l’écoute de ce disque qui leur offrira encore une bonne raison d’ignorer ce que créé aujourd’hui celui qu’ils considéraient jadis comme un prodige de la six cordes, tout juste bon, d’après eux, désormais à animer une fête de la bière en Allemagne. 


Ne doutons pas en revanche que les fans de Blackmore’s Night – et il y en a ! – seront séduits par Winter Carols qui permet au duo de briller dans un registre qu’il maîtrise maintenant parfaitement. Il se compose de douze morceaux, dont quatre sont déjà connus des amateurs : “ Wish You Were Here ” donc, ainsi que les trois ritournelles jointes sous forme de cd bonus baptisé Christmas Eve à la compilation Beyond The Sunset (“ We Three Kings ”, “ Emmanuel ” et “ Christmas Eve ”) il y a deux ans de cela. Le reste se révèle tout aussi charmant et sans être essentiel se glisse sans problème dans le répertoire d’un Blackmore’s Night qui a bien entendu mis de côté, malheureusement, les teintes électriques qui ont tant illuminé The Village Lanterne. A l’arrivée, Winter Carols est une œuvre acoustique, positive et chaleureuse qui termine en beauté une année donc bien remplie pour ses géniteurs. (2008) ⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...