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Gordon Douglas - Mara Maru (1952)


Si, quatre ans auparavant, il faisait encore illusion dans Les aventures de Don Juan (Vincent Sherman), en 1952, Errol Flynn apparait le visage déjà marqué. Il a grossi et semble peu concerné par ce qu'il tourne. Après la médiocre Taverne de la Nouvelle Orléans de William Marshall, Mara Maru demeure cependant un film d'aventures honnête, ce qu'il doit moins au comédien, fatigué et absent donc mais davantage à Gordon Douglas, lequel, grâce à un noir et blanc profond et d'habiles cadrages (les scènes finales dans l'église) distille une ambiance moite et menaçante. Sa mise en scène est efficace quand bien même le résultat est très inférieur à La maîtresse de fer tourné la même année. Ni les personnages ni le récit n'échappent aux conventions. 

A l'image de la tête d'affiche, tous les acteurs paraissent s'exécuter sans grand conviction et rien ne passe entre Ruth Roman (rarement enthousiasmante de toute façon) et son partenaire. Raymond Burr n'a aucun mal à dominer l'écran même si, là aussi, il semble sous-employé. Quelques scènes sous-marines, des bagarres et une conclusion plastiquement intéressante rachètent la banalité d'un ensemble mineur mais agréable, auquel on préfère très nettement A l'abordage que Errol Flynn enchaînera sous la houlette de George Sherman. Encore de la série B mais avec le panache en plus. (vu le 08/12/18) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...