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Burning Witches - Dance With The Devil (2020)


Entendons-nous bien, Burning Witches n'invente rien, recyclant le heavy metal des années 80 fardé d'une féminité sans laquelle il intéresserait certainement beaucoup moins ! Pourtant, au-delà de l'argument marketing à peine caché derrière un groupe composé uniquement de nanas, toutes de cuir et de clous vêtues, reconnaissons que les Suissesses maîtrisent leur sujet du bout de leurs griffes nacrées, prêtant allégeance à un genre qui a connu son heure de gloire alors même qu'elles n'étaient pas encore dans le ventre de leur mère ! Si Hexenhammer (2018) avait intronisé la nouvelle guitariste Sonia Nusselder, qui a depuis parfaitement trouvé sa place, Dance With The Devil scelle quant à lui l'arrivée de Laura Guldemond comme frontwoman chargée de remplacer la démissionnaire Seraina Telli que des concerts et le hors-d'œuvre Wings Of Steel nous ont néanmoins déjà présentée. Cette troisième cuvée confirme que la Batave est une recrue de choix, s'époumonant comme un Rob Halford dressé sur des talons aiguilles ('Lucid Nightmare'). Bien qu'inspiré par la nuit de Walpurgis, n'attendez pas de cet album une œuvre véritablement conceptuelle. Ce thème n'inspire tout au plus aux damoiselles qu'une ambiance sombre générale et des textes carburant à la sorcellerie ('Black Magic') qui se prêtent bien sûr parfaitement à ce heavy metal aiguisé qu'irriguent vocalises haut perchées et riffs coulés dans l'acier.


Reste en fait une imparable brochette d'hymnes dédiés aux festivals européens où ils seront repris en chœur par une armée de fidèles, entièrement acquis à la cause de ces amazones aussi charmantes que belliqueuses. Celles-ci n'ont que faire des tendres moments auxquelles elles ne sacrifient que les cinq minutes que dure 'Black Magic', power-ballad dans la grande tradition des eighties. Non, plutôt que de ronronner de plaisir, les belles préfèrent mordre. Elles s'y attellent en multipliant les saillies acérées qu'incarnent les redoutables 'Dance With The Devil', 'Six Feet Underground' ou le déjà connu 'Wings Of Steel', qui remplissent une première partie accrocheuse. Moins immédiate bien que tout aussi séduisante ('The Sisters Of Fate'), l'autre moitié enfile les lourds coups de reins ('Necronomicon') et écarte les lèvres d'un monde ténébreux lors de ce 'Threefold Return' qui voit Laura s'aventurer dans un registre presque black metal. Et la relecture du 'Battle Hymn' de Manowar n'est pas que l'occasion pour les filles d'inviter le bassiste de Symphony X, Mike Lepond, et Ross The Boss mais surtout de prendre part à un glorieux héritage et, ce faisant, de souligner leur appartenance à la grande famille du heavy metal. Mélodique et affûté, Dance With The Devil est un concentré puissant d'hymnes auxquels il parait bien difficile de ne pas succomber. Burning Witches confirme qu'il n'est pas qu'un assemblage de minettes qui s'amusent à bétonner du metal mais un groupe solide destiné à durer. (09.04.2020 | MW) ⍖⍖



Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...