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Julian Amyes - Commando en Corée (1956)


On a tendance à l’oublier mais les Anglais ont eux aussi pris part à la Guerre de Corée, comme nous le rappelle ce Commando en Corée qui demeure d’ailleurs un des rares films à relater ce sujet méconnu. Pour autant, ne serait-ce le temple bouddhiste à l’intérieur duquel se retranche une poignée de soldats, l’oeuvre ne nous apprend finalement rien sur ce conflit de la guerre froide. Les Chinois sont réduits à un ennemi invisible et les combats se font rares et lointains, ce qui ne les exonère pas d’une certaine brutalité. En fait, Julian Amyes préfère se concentrer sur son petit groupe d’hommes auxquels sa caméra se colle de près, scrutant les visages, fouillant les regards. Les batailles, l’action, l’intéressent donc moins que l’attente et les antagonismes tant sociaux que psychologiques qui couvent sous cet assemblage hétéroclite d’officiers et de militaires du contingent. Opposition entre les professionnels de la guerre et ces appelés qu’on envoie se faire tuer à l’autre bout du monde et dont le film épluche les peurs et les doutes, soulignant l’absurdité de la guerre loin désormais du patriotisme de la Seconde Guerre mondiale. 


Opposition également entre les hommes de terrain (Harry Andrews) et les intellectuels qui sortent de l’école (George Baker). Ces soldats assiégés par un ennemi numériquement supérieur et ce rapport de classes propre à la société britannique qui se prolonge jusque sur le champ de bataille ne manqueront évidemment pas d’évoquer le Zoulou (1963) de Cy Endfield dont Commanda en Corée est un peu le brouillon sans en posséder toutefois ni la force ni la richesse psychologique. Ce sont les noms fameux qui l’ont façonné aussi bien devant que derrière la caméra qui confèrent au film sa petite notoriété. Devant et aux côtés du toujours solide Harry Andrews gravitent ainsi nombre de comédiens promis à une belle carrière : Stanley Baker, Stephen Boyd, Robert Shaw et Michael Caine dont il s’agit de la première apparition à l’écran. Derrière, Freddie Francis cisèle une photographie au noir et blanc profond où l’obscurité et la pénombre sculptent les visages tandis que Peter Hunt assure un montage nerveux. A Hill In Korea ne figure pas parmi les fleurons du film de guerre anglais mais il dépeint un aspect peu connu de la Guerre de Corée avec cet inusable savoir-faire du cinéma de la Perfide Albion et une distribution avantageuse. (04.08.2023) ⍖⍖




 

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