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Jerrold Freeman - Terreur dans la montagne (1973)


Jerrold Freedman fait partie de ces nombreux réalisateurs dont on peine à discerner dans la filmographie une quelconque personnalité pas plus qu'une ligne directrice, capable aussi bien de trousser avec une efficacité identique un épisode de Kojak qu'un curieux polar avec Charles Bronson (Chicanos, chasseur de têtes). D'une carrière essentiellement conduite sur le petit écran se dégage toutefois une appétence pour le suspense et l'action, comme en témoigne Terreur dans la montagne, qui nous rappelle combien la production télévisuelle américaine du début des années 70 pouvait être de qualité, n'ayant parfois pas à rougir, bien au contraire, de la comparaison avec ce qui faisait alors au cinéma. 


Dans ce téléfilm qui préfigure un peu The Thing (1982) de John Carpenter, Freedman sait distiller l'isolement lugubre qui nait autant du décor rudimentaire de cette station scientifique perdue dans le froid polaire que d'une bande-son dont les sonorités électroniques bizarres ne sont pas sans évoquer les travaux les plus hermétiques de Tangerine Dream. Au milieu de ces chimpanzés terrorisés par une menace invisible, un huis-clos étouffant s'installe pour les deux personnages solidement habités par Robert Culp et Eli Wallach qui s'interrogent très vite sur la nature du danger qui rôde parmi eux. L'angoisse, la tension nerveuse montent crescendo jusqu'à une conclusion abrupte dont la dernière image, avec une économie de moyens, sans effets superfétatoires, vous hantera longtemps après... Un bon téléfilm qui fout les jetons ! (08.02.2023) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...