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Jerrold Freeman - Terreur dans la montagne (1973)


Jerrold Freedman fait partie de ces nombreux réalisateurs dont on peine à discerner dans la filmographie une quelconque personnalité pas plus qu'une ligne directrice, capable aussi bien de trousser avec une efficacité identique un épisode de Kojak qu'un curieux polar avec Charles Bronson (Chicanos, chasseur de têtes). D'une carrière essentiellement conduite sur le petit écran se dégage toutefois une appétence pour le suspense et l'action, comme en témoigne Terreur dans la montagne, qui nous rappelle combien la production télévisuelle américaine du début des années 70 pouvait être de qualité, n'ayant parfois pas à rougir, bien au contraire, de la comparaison avec ce qui faisait alors au cinéma. 


Dans ce téléfilm qui préfigure un peu The Thing (1982) de John Carpenter, Freedman sait distiller l'isolement lugubre qui nait autant du décor rudimentaire de cette station scientifique perdue dans le froid polaire que d'une bande-son dont les sonorités électroniques bizarres ne sont pas sans évoquer les travaux les plus hermétiques de Tangerine Dream. Au milieu de ces chimpanzés terrorisés par une menace invisible, un huis-clos étouffant s'installe pour les deux personnages solidement habités par Robert Culp et Eli Wallach qui s'interrogent très vite sur la nature du danger qui rôde parmi eux. L'angoisse, la tension nerveuse montent crescendo jusqu'à une conclusion abrupte dont la dernière image, avec une économie de moyens, sans effets superfétatoires, vous hantera longtemps après... Un bon téléfilm qui fout les jetons ! (08.02.2023) ⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...