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Moonspell - Darkness And Hope (2001)


Que pèse la liberté artistique face à la pression du succès, des fans, d’une maison de disque qui ne voit jamais d’un très bon œil quand l’un de ses poulains se sent des envies d’explorateur ? Pas lourd en fait, comme tend à le démontrer la rapidité (moins impressionnante toutefois que celle de My Dying Bride il y a deux ans !) avec laquelle nos Lusitaniens préférés font marche arrière afin de renouer avec la formule qui fit leur renommée durant les années 90, suite à la déception commerciale du novateur bien qu’en demi-teinte, The Butterfly Effect. Même si ce dernier n’incarnait pas tant que cela un changement brutal pour le groupe, il n’en est pas moins vrai qu’il témoignait d’un net désir pour ses géniteurs de renouveler leur identité sonore. Boudé par les fans, l’album s’est planté. Moonspell a compris la leçon (faut-il pour autant s’en féliciter ?) et livre donc le disque qu’il aurait (peut-être) dû réaliser après Sin / Pecado


Sorte de croisement entre Irreligious (pour son côté dark) et son prédécesseur (pour ses couleurs gothic), Darkness And Hope  nous sert de fait du Moonspell typique ; bien fait, admirablement produit ; mais sans surprise. Les titres défilent, efficaces, sombres, mais sans parvenir jamais à faire durablement leur trou, contrairement aux perles d’autrefois. Si des morceaux tels que « Firewalking », « Nocturna »,  « Devilred » ou le terminal « Than The Serpents In My Hands » ne sont parfois pas loin d’y parvenir, que dire en revanche des peu inspirés « Heartshaped Abyss », « Rapaces » ou du maladroit « Ghostsong » ? La reprise de MadreDeus, « Os Semhores Da Guerra », chanté en portugais, longue pièce envoûtante, s’impose finalement comme le meilleur titre du lot, c’est dire ! Jusqu’à présent, le groupe avait toujours su, sinon progresser, du moins nous toucher. Ce n’est plus le cas cette fois-ci. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement face au fruit de musiciens en pilotage automatique, le regard braqué sur le rétroviseur ! Un album décevant, très décevant même qui, n’en doutons pas, devrait bien, toutefois, réjouir quelques fans qui n’ont rien compris à tout ce qui faisait le charme de Moonspell, charme qui semble être aujourd’hui bien éventé… (01.07.2007) ⍖⍖

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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...