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Harmon Jones - La princesse du Nil (1954)


Ah Debra Paget !  Jamais peut-être l'actrice n'a été aussi belle, aussi désirable que dans La princesse du Nil. Ne serait-ce que pour cette raison, il est fondamental (mais oui) de voir ce petit film d'aventures exotiques emballé avec un savoir-faire certain par le peu connu Harmon Jones (Panique dans la ville, Dix hommes pour l'enfer avec Richard Conte et Charles Bronson ne sont pas sans qualités). Debra Paget, plus présente que d'habitude et que l'on a donc tout le loisir  d'admirer, y évolue dans une Egypte médiévale de pacotille (ça fait partie du charme), change de tenues affriolantes à chaque scène, se bat avec énergie et surtout, surtout, danse de sa façon si particulière , comme si demain ne devait pas exister. Les danses qu'elle exécute constituent les moments d'anthologie du film et annoncent déjà celles que l'actrice offrira cinq ans plus tard dans le fameux diptyque de Fritz Lang, Le tigre du Bengale / Le tombeau hindou. 

La comédienne, qui exhale à chaque plan sa fascinante beauté, domine sans peine le reste de la distribution qui manque cruellement de charisme. Jeffrey Hunter possède certes une belle gueule mais il est un peu falot le garçon tandis que Michael Rennie balade son visage figé mais pas inintéressant durant tout le récit. Il faut noter que l'on peut apercevoir deux des troisièmes couteaux les plus utilisés du cinéma américain des années 50, Lee Van Cleef et Jack Elam (toujours eux). Bien sûr, La princesse du Nil n'a rien d'un chef d'oeuvre impérissable mais c'est un film sympathique, plaisant et bien mené, très représentatif enfin des films d'aventures exotiques qu'Hollywood usinait à cette époque malheureusement révolue. C'est de la série B mais de la grande série B et puis, il y a Debra Paget... (02.09.2020) ⍖⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...