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Otyg - Sagovindars Boning (1999)


Si les premiers Vintersorg (le groupe) s'enfonce dans les méandres du pagan black, Otyg, l'autre projet de Vintersorg (l'artiste) explore quant à lui uniquement les contrées du folk metal. Chants suédois, instruments traditionnels (flûtes, lute...), violon et voix féminines discrètes sont au programme de cette deuxième échappée dans le folklore scandinave, ses légendes, ses traditions, que le groupe s'est donné pour mission d'honorer et de faire revivre. Point ici de black metal ou d'accélérations furieuses, mais une musique entraînante, parfois sombre, moins festive et sautillante que celle de Finntroll, moins ridicule aussi. Pour autant, Sagovindars Boning conserve des attaches évidentes avec le metal extrême, les guitares, la batterie, sont là pour en témoigner, de même que son thème (on sait la fascination que voue le monde du black metal aux mythes ancestraux et aux temps médiévaux). Il ne s'agit donc pas tout à fait d'un Kveldsfanger (œuvre sublime au demeurant) à la sauce suédoise. Il est vrai toutefois que les amateurs de metal noir risquent de rester sur leur faim. Pourtant, il est facile de se laisser transporter par le chant profond de Vintersorg, ainsi que par ses ritournelles folkloriques, à commencer par les magnifiques "Trollslottet", "Bäckahästen", "Mossfrun Kölnar" et "Varulvsnatt", pourvu d'un final à la Skyclad. 


On peut être d'abord surpris par les paroles entièrement récitées en suédois. Leurs consonnances nous sont inhabituelles, mais déclamées comme elles le sont par le gosier du maître à penser d'Otyg, elles se parent d'une poésie qui les rend envoûtantes. Le relecture folk particulièrement réussie du classique de Dio, "Holy Diver" vient même se glisser au milieu de ces chansons, vestiges d'un passé nordique ténébreux, sans pour autant sembler incongrue. Les mauvaises langues ne manqueront pas d'arguer qu'il s'agit là de la meilleure composition de l'album, ce qui est sans doute vrai ; ce qui ne doit en rien enlever au plaisir évident que l'on ressent à l'écoute de ce Sagovindars Boning beau et dépaysant à souhait à défaut d'être incontournable, son caractère trop linéaire, que vient justement briser la reprise du fameux hymne heavy cité plus haut, ne lui permettant pas d'atteindre l'ampleur émotionnelle, la beauté pastorale et la puissance évocatrice des séminales offrandes d'Ulver ou d'Empyrium. Trop accaparé par le groupe qui porte son nom et plus tard par Borknagar, Vintersorg n'offrira pas de successeur à ce disque, faisant par là-même de celui-ci le champ du cygne d'Otyg. (19.03.2007) ⍖⍖

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Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

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Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...