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Nocternity - A Fallen Unicorn (2004)


Bien que Grec d'origine, Nocternity est avant tout norvégien de coeur ; et si ses confrères de la scène extrême hellénique, tels que Spetic Flesh ou Rotting Christ ont su conférer à leur art une touche méditerranéenne, ce n'est pas le cas de ce mystérieux duo dont le regard a toujours été braqué vers ses ainés du Grand Froid. Nocternity, c'est aussi, et surtout, tout le charme du black metal underground : pochette en noir et blanc, production dégueulasse (mais on a vu pire !), inspiration qui puise ses racines dans l'imaginaire médiéval et plaisir coupable d'une musique qui, sans être originale, donne néanmoins envie de prêter allégeance aux forces obscures tapies dans les ténèbres. A Fallen Unicorn n'est pas le nouvel album du groupe. Le visuel, quasi identique, ainsi que la présence de cinq titres gravés durant les mêmes sessions d'enregistrement en font plutôt le petit frère d'Onyx, son prédécesseur.

 "A Fallen Unicorn", "The Emerald Serpent Prince", "To Grey Olden Shores" et le superbe et burzumesque (un gage de référence donc) "Pagan Poetry" (une repris de Björk !), probablement le point d'orgue de cet opus,  lâchent les effluves d'un black rageur, épique toujours, lancinant parfois et misant davantage sur des atmosphères de décrépitude que sur une saillie sans vaseline. Ca respire les forêts éternelles et on sent que Nocternity a décidé, bien lui en a pris, d'empoigner le frein à main.  Les trois derniers morceaux sont issus de divers split mais s'emboitent sans problème au reste du noir menu offert pa le duo formé autour de Khal Drago et de Merkaal. Condamné à la confidentialité certes, mais Nocternity parviendra toujours mieux à resusciter l'esprit qui guidait les incendiaires scandinaves du débuts des années 9O que les ténors plus exposés de la scène grecque. (10.05.2007) ⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...