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Budd Boetticher - La chevauchée de la vengeance (1959)


Avant-dernière collaboration entre le réalisateur Budd Boetticher et l'acteur Randolph Scott, La chevauchée de la vengeance s'impose même comme le meilleur des sept films qu'ils ont tournés ensemble sur une période très courte, entre 1956 (Dix hommes à abattre) et 1960 (Comanche Station). C'est aussi un des westerns les plus aboutis des années 50, qui témoigne d'ailleurs de la mutation que le genre est alors en train de connaître. Avec sa classique histoire de vengeance, le film semble revêtir les habits d'une petite série B efficacement troussée. En réalité, à la linéarité du récit répond une très grande richesse. Le style est épuré jusqu'à l'abstraction (aucun décor intérieur et cinq personnages, en dehors des vilains qui ne forment quasiment que des silhouettes) mais chaque protagoniste semble cacher quelque chose, mû par un dessein qui n'est pas celui que l'on croit, à l'image de Ben Brigade dont le but de cette expédition n'est pas la prime offerte par la capture du jeune Billy John mais l'exécution de son frère, qui a jadis tué sa femme. 

Presque ascétique, faite de plans américains et de très peu de gros plans, la mise en scène de Boetticher est un modèle de précision. Les mouvements d'appareil sont magnifiques (l'image finale de l'arbre des pendus en feu filmée par une caméra qui s'élève tout doucement) et les cadrages extrêmement rigoureux, à l'intérieur desquelles plein de choses se passent comme ses Indiens qui surgissent à l'arrière plan, petite tache mouvante dont on devine peu à peu la nature. Avec son héros mutique et vengeur, parfaitement incarné par un Randolph Scott minéral, La chevauchée de la vengeance semble annoncer les westerns de Sergio Leone qui emploiera également Lee Van Cleef et James Coburn (ici dans un rôle toutefois assez inconsistant) et auquel Il était une fois dans l'Ouest rend peut-être hommage (l'arbre des pendus, le prénom du méchant...)... (30.05.2019) ⍖⍖⍖



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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...