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Terence Fisher - Frankenstein et le monstre de l'enfer (1974)


Sorti en 1974, Frankenstein et le monstre de l’enfer est un triple testament. D’une part, il ferme un corpus de sept films que la Hammer a consacré au fameux baron. D’autre part, il marque la fin de la carrière de Terence Fisher, qui n’avait d’ailleurs plus rien tourné depuis Le retour de Frankenstein en 1969 et qui décèdera six ans plus tard. Enfin, même s’il ne s’agit pas de sa dernière production (c’est Une fille pour le diable qui scellera sa fin en 1976), le fait est que la firme britannique se trouve alors en soins palliatifs, ses tentatives farfelues (Les 7 vampires d’or) ou maladroites (Dracula vit toujours à Londres) de moderniser son bestiaire n’ayant pas permis d’enrayer un inexorable déclin commercial. Film crépusculaire, Frankenstein et le monstre de l’enfer s’inscrit dans ce morne contexte qui explique sa réussite mitigée. En effet, certes plus convaincante que son prédécesseur réalisé par Jimmy Sangster (Les horreurs de Frankenstein) ou les derniers Dracula, cette énième adaptation du roman de Mary Shelley souffre de nombreux défauts. L’imagination du scénariste Anthony Hinds s’est tarie, lequel, incapable de se renouveler, se contente de recycler les ingrédients des épisodes précédents. Sombre, l’esthétique du film manque de charme, privé de moyens et du talent de Bernard Robinson. Même la musique de James Bernard ne possède plus cette tension dramatique qui faisait plus que participer à la puissance narrative des chefs-d'œuvre de Terence Fisher dont le savoir-faire, d’une précision chirurgicale, demeure cependant intact. 


Quelques bonnes idées sont malgré tout à noter : le baron devenu docteur dans l’asile où il a été enfermé et qui, ne peut plus se servir de ses mains pour mener à bien ses expériences, la jeune fille muette qui lui sert d’assistante… Par ailleurs, le film puise dans les entrailles de cet asile qui en circonscrivent l’action, son climat brutal et vierge de tout romantisme. Et puis évidemment, il y a toujours Peter Cushing qui prête son visage, que le temps a sculpté de façon de plus en plus émacié, à ce personnage duquel toute trace d’humanité s’est définitivement échappée. Imaginer accoupler le monstre à son assistante ne le dérange pas et paraît presque l’amuser au contraire tandis qu’il n’hésite pas non plus à faire croire à un de ses patients qu’il souffre d’une maladie incurable afin de le pousser au suicide et récupérer son cerveau. La mort de la créature ne suscite en lui aucune tristesse, aucun remord, tout à sa mission démiurgique qu’il entend poursuivre inlassablement, jusqu’à la mort. Voire au-delà... (20.12.2023) ⍖⍖


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