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Michael Anderson - Les trois soldats de l'aventure (1964)


Comme son titre français idiot (les distributeurs ne se sont encore une fois pas trop foulés !) l'indique, Les trois soldats de l'aventure brosse le portrait de trois membres de l'US Air Force agissant en extrême orient. Chacun est hanté par le passé. Trois flashbacks découpent le film afin de connaître les raisons de leurs tourments. Le premier se sent responsable de la mort d'un groupe qu'il devait sauver. Le deuxième voue une haine pour les Japonais après que sa femme a été tué lors d'un raid en 1941. Quant au troisième, il vit un amour impossible avec une musulmane dans l'Afrique du Nord de la Seconde Guerre mondiale. En dépit de bons acteurs et d'un metteur en scène au savoir-faire éprouvé, Flight From Ashiya déçoit fortement. Michael Anderson (Cargaison dangereuse, L'épopée dans l'ombre) se contente d'un travail fonctionnel et l'histoire se dilue dans le mélodrame le plus fade. 

Les comédiens font ce qu'ils peuvent pour maintenir le spectateur hors de l'eau. Si George Chakiris est inexistant, Richard Widmark endosse un rôle qu'il connait bien, assurant toutefois le service minimum et Yul Brynner étonne en amoureux fragile. Danièle Gaubert et surtout la frimousse de Shirley Knight saupoudrent heureusement le film de leur charme, lointain pour l'une, mutin pour l'autre. Les trois soldats de l'aventure se laisse voir mais il témoigne à la fois du déclin du cinéma britannique dont le noble réalisme se confond alors avec un ennui poli ainsi que de la difficulté pour les stars des années 40 et 50 telles que Widmark, de négocier l'évolution  qui s'empare d'Hollywood à partir des sixties...  (17.01.2021) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...