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Darkthrone - The Underground Resistance (2013)


Cela fait longtemps désormais que Darkthrone n'intéresse plus ses fans de la première heure. La faute tout d'abord à des albums tels que Sardonic Wrath et The Cult Is Alive qui certes arrimaient encore ses géniteurs au True Black Metal mais affichaient une inspiration en berne, puis lorsque les Norvégiens ont opéré un virage vers une espèce de proto-Black nourri à la NWOBHM et tâché de relents punk. F.O.A.DDark Thrones And Black Flags et enfin Circle The Wagons ont donc peu à peu creusé la tombe de Nocturno Culto et de Fenriz dans le coeur des Ayatollahs restés bloqués sur la tétralogie A Blaze In The Northern Sky / Under A Funeral Moon / Transilvanian Hunger / Panzerfaust. A tort car, outre le fait que les deux frères-siamois sont quand même libres de se faire plaisir, force est d'admettre que ceux-ci ont alors trouvé un second souffle en replongeant dans leurs racines Heavy. De fait, plutôt que d'espérer, à l'instar de certains irréductibles, que Darkthrone renoue un jour avec le véritable art noir, ce qui n'arrivera sans doute jamais, mieux vaut saluer comme il se doit la vitalité d'un des derniers dinosaures de la seconde vague du Black Metal. Si le temps anormalement long le séparant de son prédécesseur ainsi que son nom aux allures de manifeste pouvaient laisser croire un vague retour en arrière, il n'en est bien entendu rien, The Underground Resistance étant fait du même boyau que ses récents aînés. 


Pour autant, ce seizième méfait, s'il ne réconciliera sans doute pas Darkthrone avec son public originel, a de quoi redonner le sourire à ceux qui ont lâché le duo depuis Hate Them. En effet, on a l'impression que ces trois années d'abstinence ont été bénéfiques aux Norvégiens qui carburent donc toujours au fluide du bon vieux Heavy des années 80 mais avec - enfin - plus de réussite et surtout de charme. Si Dark Throne And Black Flags et Circle The Wagons semblaient avoir été bâclés, The Underground Resistance parait quant à lui plus élaboré. Pour du Darkthrone s'entend ! La patte du groupe n'a pas évolué d'un iota mais pour la première fois l'hydre à deux têtes maîtrise parfaitement sa copie rétrograde. Il suffit d'écouter "Valkyrie" et plus encore le mémorable bien qu'un peu répétitif "Leave No Cross Unturned" et ses quatorze minutes d'hommage au bon vieux speed/Thrash qui voit le batteur se prendre pour le King Diamond de Mercyful Fate, pour se convaincre que les deux lascars y croient plus que jamais ! Album toujours assez court, The Underground Resistance aligne six titres aux allures d'hymnes, rampants parfois ("Come Warfare, The Entire Doom"), d'une vélocité bringuebalante le plus souvent ("Dead Early", The One You Left Behind"). Les deux compères se partagent le chant, caverneux pour Nocturno Culto, haut perché et aigüe pour Fenriz, toujours inséparables et à l'origine d'une performance rustre mais carrée comme à leur habitude, garantie sans la moindre trace d'OGM. Nonobstant les qualités, contestées certes, de leurs derniers opus, ils accouchent toutefois de leur meilleur disque depuis très longtemps. (19.02.2013 | MW) ⍖⍖⍖

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