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Nocternity - Crucify Him (2001)

D'origine grecque, Nocternity vient compléter les rangs des hordes qui défendent fièrement le pur black metal, tel qu'il aurait dû toujours être, et non pas comme certains ténors l'ont transformé en une musique quasi grand public. Le logo "Anti-Satyr" trônant au dos de la pochette, se passe à ce titre de commentaires... L'appréciation de ces petites formations végètant dans l'underground reste en définitive très suggestive : pour beaucoup, Nocternity donnera l'impression de régurgiter, comme mille autres, un metal noir mal produit, répétitif, sans puissance ni intérêt. Mais pour une minorité d'initiés, on tient là ce que la scène hellénique a offert de plus evil ! Septic Flesh et Rotting Christ peuvent aller danser le sirtakis. Crucify Him n'est qu'un EP, mais il parvient sans peine en 20 petites minutes à prouver pourquoi ce mystérieux duo fasciné par le Moyen-Age à la tête de cette entité culte, mérite notre éternel respect. 


Car Nocternity a tout compris ; il a compris que soigner les atmosphères, même s'il ne rechigne pas à balancer des plans rapides, plutôt que les déflagrations à coup de blast sauvages sera toujours plus efficace pour faire revivre l'esprit ténébreux qui guidaient les premiers prêtres impies. Ecoutez donc les fiévreux et sombres "Crucify Him", "Lunar Innuendo" et "Perdo Lorporen", digne des grandes heures de Graveland, pour vous en convaincre. Epiques et obsédants, mélodiques et lancinants comme le venin d'un serpent, ces titres ont la faculté rare d'installer une ambiance de décrépitude terminale, de point de non retour ; elles exsudent un feeling suicidaire effrayant et absolu. Et sans être des monstres de technique, il est clair que les musiciens ne cherchent pas à se cacher derrière une production cradingue contrairement à tant d'autres traine-savates. Le son est volontairement pourri pour coller au mieux à un art qui ne peut se déployer dans le faste et la perfection. Le true black est une question de foi, d'esprit, pas de raison… (12.05.2007) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...