Accéder au contenu principal

Nocternity - Crucify Him (2001)

D'origine grecque, Nocternity vient compléter les rangs des hordes qui défendent fièrement le pur black metal, tel qu'il aurait dû toujours être, et non pas comme certains ténors l'ont transformé en une musique quasi grand public. Le logo "Anti-Satyr" trônant au dos de la pochette, se passe à ce titre de commentaires... L'appréciation de ces petites formations végètant dans l'underground reste en définitive très suggestive : pour beaucoup, Nocternity donnera l'impression de régurgiter, comme mille autres, un metal noir mal produit, répétitif, sans puissance ni intérêt. Mais pour une minorité d'initiés, on tient là ce que la scène hellénique a offert de plus evil ! Septic Flesh et Rotting Christ peuvent aller danser le sirtakis. Crucify Him n'est qu'un EP, mais il parvient sans peine en 20 petites minutes à prouver pourquoi ce mystérieux duo fasciné par le Moyen-Age à la tête de cette entité culte, mérite notre éternel respect. 


Car Nocternity a tout compris ; il a compris que soigner les atmosphères, même s'il ne rechigne pas à balancer des plans rapides, plutôt que les déflagrations à coup de blast sauvages sera toujours plus efficace pour faire revivre l'esprit ténébreux qui guidaient les premiers prêtres impies. Ecoutez donc les fiévreux et sombres "Crucify Him", "Lunar Innuendo" et "Perdo Lorporen", digne des grandes heures de Graveland, pour vous en convaincre. Epiques et obsédants, mélodiques et lancinants comme le venin d'un serpent, ces titres ont la faculté rare d'installer une ambiance de décrépitude terminale, de point de non retour ; elles exsudent un feeling suicidaire effrayant et absolu. Et sans être des monstres de technique, il est clair que les musiciens ne cherchent pas à se cacher derrière une production cradingue contrairement à tant d'autres traine-savates. Le son est volontairement pourri pour coller au mieux à un art qui ne peut se déployer dans le faste et la perfection. Le true black est une question de foi, d'esprit, pas de raison… (12.05.2007) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...