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Terence Fisher - Les vierges de Satan (1968)


S’appuyant sur un solide scénario de l’écrivain Richard Matheson (Je suis une légende, Le jeune homme, la mort et le temps) qui adapte un roman de Dennis Wheatley, Les vierges de Satan s’avère très représentatif de l’œuvre de Terence Fisher, peut-être le seul véritable auteur de la firme Hammer. Tous les films que Fisher a réalisés pour le studio britannique tournent autour du thème universel du Bien et du Mal, de l’affrontement entre ces deux entités. Après Van Helsing contre Dracula, nous assistons ici à la luette entre Richleau (le Bien) et Mocata (le Mal). De plus, le cinéaste sait toujours aisément créer un climat de peur, d’oppression, avec finalement très peu de choses. La terreur qui y est déversée réside avant tout dans une atmosphère étouffante, dans la suggestion plus que dans une abondance de violence. Celle-ci est certes présente à l’écran mais elle n’est aucunement gratuite, éclatant surtout en quelques scènes chocs, terrassant le spectateur (celle du sabbat notamment). En fait, la tension naît de l’habile mariage entre des plans très travaillés, au cadrage étudié, sans grands mouvements d’appareil, des décors inspirés dus au fidèle Bernard Robinson et d’une musique parfaitement en accord avec les images et l’histoire, signée encore une fois par James Bernard aux envolées reconnaissables entre mille. 


Ces divers éléments forment une œuvre et se combinent pour enfanter un climat effroyable presque envoûtant. Les acteurs participent aussi de cette mise en scène de la peur. Christopher Lee, pour une fois du bon côté, semble s’être totalement investi dans son personnage, à en être presque possédé, tandis que Charles Gray prête son regard d’acier à la figure de Mocata, parait-il inspiré de Alister Crowley et incarnation de ces notables décadents qui peuplent les films de Terence Fisher. Les vierges de Satan ne cherche pas à répondre à la question de l’existence ou nom de Satan. Le postulat de départ est très clair : Satan existe. Ce qui nous offre un très bon film sur les sciences occultes, la démonologie, les sectes et les adorateurs de la magie noire. Enfin, à ce titre, il convient de noter que Christopher Lee, féru d’occultisme lui-même, a apporté son avoir afin de renforcer le réalisme du film. Ainsi, les incantations qu’il prononce sont d’authentiques formules d’exorcisme, tout comme les mots tracés dans le pentacle. (2001) ⍖⍖⍖


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TOP DE LA SEMAINE

Brian De Palma - Blow Out (1981)

Brian De Palma s’est imposé dans les années 70 grâce à une série de films très personnels, thriller ( Obsession ) ou fantastique ( Carrie , Phantom Of The Paradise ), dont l’affolante virtuosité technique a fait de lui l’un des cinéastes les plus doués de sa génération. Après le succès de Pulsions , il souhaite à l’aube des années 80 s’extraire du cinéma de genres et se frotter à des projets plus ambitieux. L’adaptation du roman de Robert Daley, Le prince de New York , devait lui en fournir l’occasion mais il est finalement renvoyé de la production, remplacé par Sidney Lumet. A la place, il réalise Blow Out dont il est l’auteur du scénario. De prime abord, celui-ci semble s’inscrire dans la continuité de ses films précédents, particulièrement du fait de cette influence hitchockienne toujours de mise et dont il ne se départira vraiment qu’après Body Double (1984). Le héros qui sauve une femme de la noyade, la cloche de la liberté, cette variation autour du cri ou cette course-poursuit...

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...