S’appuyant sur un solide scénario de l’écrivain Richard Matheson (Je suis une légende, Le jeune homme, la mort et le temps) qui adapte un roman de Dennis Wheatley, Les vierges de Satan s’avère très représentatif de l’œuvre de Terence Fisher, peut-être le seul véritable auteur de la firme Hammer. Tous les films que Fisher a réalisés pour le studio britannique tournent autour du thème universel du Bien et du Mal, de l’affrontement entre ces deux entités. Après Van Helsing contre Dracula, nous assistons ici à la luette entre Richleau (le Bien) et Mocata (le Mal). De plus, le cinéaste sait toujours aisément créer un climat de peur, d’oppression, avec finalement très peu de choses. La terreur qui y est déversée réside avant tout dans une atmosphère étouffante, dans la suggestion plus que dans une abondance de violence. Celle-ci est certes présente à l’écran mais elle n’est aucunement gratuite, éclatant surtout en quelques scènes chocs, terrassant le spectateur (celle du sabbat notamment). En fait, la tension naît de l’habile mariage entre des plans très travaillés, au cadrage étudié, sans grands mouvements d’appareil, des décors inspirés dus au fidèle Bernard Robinson et d’une musique parfaitement en accord avec les images et l’histoire, signée encore une fois par James Bernard aux envolées reconnaissables entre mille.
Ces divers éléments forment une œuvre et se combinent pour enfanter un climat effroyable presque envoûtant. Les acteurs participent aussi de cette mise en scène de la peur. Christopher Lee, pour une fois du bon côté, semble s’être totalement investi dans son personnage, à en être presque possédé, tandis que Charles Gray prête son regard d’acier à la figure de Mocata, parait-il inspiré de Alister Crowley et incarnation de ces notables décadents qui peuplent les films de Terence Fisher. Les vierges de Satan ne cherche pas à répondre à la question de l’existence ou nom de Satan. Le postulat de départ est très clair : Satan existe. Ce qui nous offre un très bon film sur les sciences occultes, la démonologie, les sectes et les adorateurs de la magie noire. Enfin, à ce titre, il convient de noter que Christopher Lee, féru d’occultisme lui-même, a apporté son avoir afin de renforcer le réalisme du film. Ainsi, les incantations qu’il prononce sont d’authentiques formules d’exorcisme, tout comme les mots tracés dans le pentacle. (2001) ⍖⍖⍖
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