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Massacre - Mythos (2022)

Mythos est une double confirmation. D'une part, il atteste que le retour aux affaires de Massacre après plusieurs années d'errance n'est pas un feu de paille. D'autre part en succédant au vigoureux Resurgence, il illustre que les vétérans n'ont décidément pas besoin de Viagra pour dresser une inspiration aussi solide que durable. Il faut dire que les bougres connaissent leur death metal old school sur le bout des doigts sales. Le genre chevillé au manche, les trois guitaristes Scott Fairfax (Memoriam), Jonny Pettersson (Wombbabth) et surtout Rogga Johansson (Paganizer) n'ont pas à faire beaucoup d'efforts pour patauger dans les viscères et y extraire des morceaux de viande avariée, simples, efficaces et sans prétention. A l'ancienne.


Petite bestiole d'à peine un quart d'heure, Mythos semble être issu des séances d'enregistrement de son prédécesseur. C'est dire sa qualité et sa teneur, sinistre et pestilentielle. Aucune (mauvaise) surprise ne solde ces quatre saillies taillées dans la peau d'un death préhistorique aux morbides relents lovecraftiens. Véloces mais perforés par de lourdes crevasses au fond desquelles sont tapies des créatures effroyables, 'The Dunwich Horror' ou 'The Mythos That Lovecraft Built' s'abîment avec une énergie souterraine dans l'univers indicible du maître de Providence dont ils remuent l'épouvante la plus suffocante. A la vitesse d'un cheval au galop mais friands de ces pesantes reptations qui fracturent leurs compos grumeleuses ('The Thing On The Doorstep'), Kam Lee et ses comparses font ce qu'ils savent faire de mieux et ce qu'on attend d'eux, saigneurs d'un metal de la mort rétrograde dont la brutalité remuante se conjugue à des ambiances sépulcrales. EP quatre titres, Mythos est donc à prendre pour ce qu'il est, complément morbide à souhait du résurrectionnel Resurgence et nouveau signe de mort d'un groupe légendaire qui continue de ruminer sans chercher à le révolutionner le death metal des Grands Anciens. (26.09.2022 | MW) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...