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Massacre - Mythos (2022)

Mythos est une double confirmation. D'une part, il atteste que le retour aux affaires de Massacre après plusieurs années d'errance n'est pas un feu de paille. D'autre part en succédant au vigoureux Resurgence, il illustre que les vétérans n'ont décidément pas besoin de Viagra pour dresser une inspiration aussi solide que durable. Il faut dire que les bougres connaissent leur death metal old school sur le bout des doigts sales. Le genre chevillé au manche, les trois guitaristes Scott Fairfax (Memoriam), Jonny Pettersson (Wombbabth) et surtout Rogga Johansson (Paganizer) n'ont pas à faire beaucoup d'efforts pour patauger dans les viscères et y extraire des morceaux de viande avariée, simples, efficaces et sans prétention. A l'ancienne.


Petite bestiole d'à peine un quart d'heure, Mythos semble être issu des séances d'enregistrement de son prédécesseur. C'est dire sa qualité et sa teneur, sinistre et pestilentielle. Aucune (mauvaise) surprise ne solde ces quatre saillies taillées dans la peau d'un death préhistorique aux morbides relents lovecraftiens. Véloces mais perforés par de lourdes crevasses au fond desquelles sont tapies des créatures effroyables, 'The Dunwich Horror' ou 'The Mythos That Lovecraft Built' s'abîment avec une énergie souterraine dans l'univers indicible du maître de Providence dont ils remuent l'épouvante la plus suffocante. A la vitesse d'un cheval au galop mais friands de ces pesantes reptations qui fracturent leurs compos grumeleuses ('The Thing On The Doorstep'), Kam Lee et ses comparses font ce qu'ils savent faire de mieux et ce qu'on attend d'eux, saigneurs d'un metal de la mort rétrograde dont la brutalité remuante se conjugue à des ambiances sépulcrales. EP quatre titres, Mythos est donc à prendre pour ce qu'il est, complément morbide à souhait du résurrectionnel Resurgence et nouveau signe de mort d'un groupe légendaire qui continue de ruminer sans chercher à le révolutionner le death metal des Grands Anciens. (26.09.2022 | MW) ⍖⍖

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