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Darkthrone - F.O.A.D. (2007)


Soyez-en sûr : Fenriz et Nocturno Culto vous emmerdent ! Ils n’en font qu’à leur tête et c’est tant mieux. Alors que tous les Ayatollahs voudraient les voir continuer à forger ad vitam aeternam des méfaits de la trempe de A Blaze In The Northern Sky ou Transilvanian Hunger qui ont fait de Darkthrone au début des années 90 l’un des pères spirituels du black metal norvégiens, eux s’en battent les couilles comme de leur premier slip et se refusent donc à faire ce que l’on attend d’eux. Les mauvaises langues diront que le groupe ne survit plus aujourd’hui que grâce à sa légende. Pas faux. Cela ne les empêche toutefois pas de proposer de bons disques et d’évoluer. Evoluer ? D’une certaine façon, oui. A leur façon surtout. Contrairement à certains ténors de la scène, tels que Enslaved ou Solefald, le duo n’a pas décidé d’aller de l’avant, plutôt de passer la marche arrière en fait. Chantre d’un black primitif, dépouillé de toutes afféteries, cru à en être malsain, Darkthrone demeure fidèle à son style, mais pas de la manière dont ses fans le souhaiteraient. Son combustible est à chercher désormais du côté du punk, de la NWOBHM, et plus que jamais de Venom et des premiers Bathory voire de Motörhead ( !), comme l’illustre 'F.O.A.D.' sur lequel Fenriz au micro retrouve la voix biberonnée au Jack Daniels de Lemmy. 


Si son prédécesseur, The Cult Is Alive, lui avait déjà tracé la voix, Fuck Off And Die lui est bien supérieur car, accrocheurs, bruts de chez bruts, venimeux, décadents, les neuf titres qui le composent, s’avèrent plutôt inspirés, à commencer par les trois premiers, les imparables “ These Shores Are Damned ”, “ Canadian Metal ” et “The Church Of Real Metal ”, qui sentent les dessous de bras et la bière. Rock’n’roll en diable, quoi. Pas très ambitieux certes – les textes sont d’une débilité géniale - mais sincère et tant pis si la deuxième face (pardon, les derniers morceaux) est quand même nettement moins marquante, malgré les riffs grésillants et obsédants qui ouvrent le terminal “ Wisdom Of The Dead ”. Darkthrone est détenteur d’une identité très forte, d’un son garantit première prise qui n’appartient qu’à lui. Devenus un gang pour bikers, Nocturno Culto et Fenriz se font plaisir, vidangent des albums comme d’autres vont aux chiottes. Les gens aiment : tant mieux ; ils n’aiment : tant mieux aussi ! Soyez-en sûr, ils vous adresse un gros doigt d’honneur et ne devraient déjà plus tarder à vomir un nouveau jet. A l’heure où vous lirez ces lignes, cela sera peut-être même déjà fait… (2008) ⍖⍖⍖

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Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...