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Moonspell - Irreligious (1996)


Deuxième offrande (troisième si l’on compte le mini Under The Moonspell), des Portugais, Irreligious reste surtout celle qui va les imposer durablement sur l’échiquier métallique ; et une fois le premier titre introductif passé, on comprend mieux pourquoi. Sans crier gare, « Opium » déboule et vous scotche d’entrée de jeu. Puissant, sombre et rageur, il installe d’emblée l’auditeur dans une atmosphère noire, sulfureuse et maléfique, que celui-ci ne quittera plus jusqu’aux ultimes mesures égrenées par le somptueux « Full Moon Madness ». De « Awake » à « For A Taste Of Eternity », sans oublier l’envoûtant « A Poisoned Gift », le démoniaque « Mephisto », ou « Her Spiegelmann », les hauts faits d’armes ne manquent pas sur ce Irreligious qui devrait faire date dans l’histoire du dark metal. Et même si, à l’instar de nombre de ses compagnons de label (Tiamat, The Gathering), Moonspell a confié son sort au désormais incontournable producteur (et guitariste de Grip Inc.) Waldemar Sorychta, au sein des Woodhouse Studios, son identité, qui doit sans doute beaucoup à ses origines méditerranéennes et encore plus, lusitaniennes, ne s’est nullement diluée en route. 


Et de fait, l’art du groupe ne ressemble décidément à aucun autre. Atmosphérique, mystérieux, obscure sont autant de qualificatifs pour décrire une musique unique, dont la puissance d’évocation s’appuie beaucoup sur la performance du charismatique Fernando Ribeiro. Le ténébreux chanteur porte le groupe sur ses épaules ; il en constitue la pièce maîtresse, quand bien même les autres musiciens sont loin de se contenter de faire de la figuration. Il est certain toutefois que l’homme parvient à plonger l’ensemble dans une obscurité démoniaque et malsaine, sans lequel celle-ci n’aurait sans doute pas été si profonde, si oppressante. Irreligious confirme donc tous les espoirs placés dans ses géniteurs depuis leurs débuts confidentiels. Un futur très grand, à n’en pas douter. (04.08.2007) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...