Deuxième offrande (troisième si l’on compte le mini Under The Moonspell), des Portugais, Irreligious reste surtout celle qui va les imposer durablement sur l’échiquier métallique ; et une fois le premier titre introductif passé, on comprend mieux pourquoi. Sans crier gare, « Opium » déboule et vous scotche d’entrée de jeu. Puissant, sombre et rageur, il installe d’emblée l’auditeur dans une atmosphère noire, sulfureuse et maléfique, que celui-ci ne quittera plus jusqu’aux ultimes mesures égrenées par le somptueux « Full Moon Madness ». De « Awake » à « For A Taste Of Eternity », sans oublier l’envoûtant « A Poisoned Gift », le démoniaque « Mephisto », ou « Her Spiegelmann », les hauts faits d’armes ne manquent pas sur ce Irreligious qui devrait faire date dans l’histoire du dark metal. Et même si, à l’instar de nombre de ses compagnons de label (Tiamat, The Gathering), Moonspell a confié son sort au désormais incontournable producteur (et guitariste de Grip Inc.) Waldemar Sorychta, au sein des Woodhouse Studios, son identité, qui doit sans doute beaucoup à ses origines méditerranéennes et encore plus, lusitaniennes, ne s’est nullement diluée en route.
Et de fait, l’art du groupe ne ressemble décidément à aucun autre. Atmosphérique, mystérieux, obscure sont autant de qualificatifs pour décrire une musique unique, dont la puissance d’évocation s’appuie beaucoup sur la performance du charismatique Fernando Ribeiro. Le ténébreux chanteur porte le groupe sur ses épaules ; il en constitue la pièce maîtresse, quand bien même les autres musiciens sont loin de se contenter de faire de la figuration. Il est certain toutefois que l’homme parvient à plonger l’ensemble dans une obscurité démoniaque et malsaine, sans lequel celle-ci n’aurait sans doute pas été si profonde, si oppressante. Irreligious confirme donc tous les espoirs placés dans ses géniteurs depuis leurs débuts confidentiels. Un futur très grand, à n’en pas douter. (04.08.2007) ⍖⍖⍖

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