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Volker Schlöndorff - Colère en Louisiane (1987)


L'immense succès rencontré par Le tambour (1979) ouvre à Volker Schlöndroff les portes des productions internationales (Un Amour de Swann - 1984), quitte à lui faire perdre une bonne part de son talent. Il n'est du reste pas le seul réalisateur, européen notamment, à avoir sacrifié sa personnalité sur l'autel d'un cinéma plus commercial. Durant la seconde moitié des années 80, il échoue aux Etat-Unis où il signe deux téléfilms, Mort d'un commis voyageur (1985) avec Dustin Hoffman puis Colère en Louisiane, qui sera cependant sélectionné au festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard puis exploité dans les salles européennes. Celui-ci nous rappelle malheureusement qu'un beau et louable sujet (la dénonciation du racisme dans le Sud des Etats-Unis au cas particulier) n'aboutit pas nécessairement à un bon résultat. Schlöndorff n'esquive ni le pensum laborieux ni la caricature quand bien même il évite de trop sombrer dans le manichéisme (malgré sa bonne volonté, le personnage joué par Holly Hunter ne voit pas qu'elle utilise les noirs comme faisant partie de sa propriété). 

Mais son traitement du racisme reste très classique sinon hollywoodien, opposant les minorités (les noirs, les femmes), présentées de façon toujours positives, contre les blancs, évidemment responsables de tous les maux, qui sont ridiculisés ou dépeints sous les traits d'un docteur ventripotent par exemple. Les premiers sont fiers et solidaires, les autres sont violents, cruels et racistes. La réalité est plus complexe que cette illustration taillée au burin. Le sujet, tiré d'un bouquin, avait du potentiel mais son rendu se révèle maigrichon et dépourvu de la moindre tension, réduit à une poignée de vieux blacks qui se réveillent et s'unissent le jour où l'un d'entre eux a abattu un blanc en état de légitime défense. Mais il y a heureusement et pour une de ses dernières apparitions à l'écran, Richard Widmark qui, dans la peau du shérif exsudant le racisme ordinaire, s'amuse d'ailleurs encore une fois à endosser un rôle aux antipodes de ce qu'il était dans la vie... Et pour l'occasion, il croise à nouveau la route de Woody Strode, longtemps après Les deux cavaliers (1961) de John Ford. (31.07.2021) ⍖⍖



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