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Thrall - Vermin To The Earth (2011)


Si, jusqu’à présent, la Tasmanie ne pouvait malheureusement guère compter que sur Striborg, one-man band aussi je-m’enfoutiste que (étonnamment) culte qui pond des albums comme d’autres vont aux chiottes, pour faire parler d’elle en terme de Black Metal, Thrall est désormais là pour porter les couleurs (noires) de cette terre isolée. Découvert en 2009 avec un premier méfait, Away From The Haunts Of Men, annonciateur de grandes choses, le groupe revient cette année avec sous le bras velu ce Vermin To The Earth cette fois-ci distribué par le respectable label Moribund dont il vient avantageusement gonfler les effectifs. Les Australiens sont les émissaires d’un Black Metal tendu comme le foc d’un navire dont le socle est formé d’une matière tranchante depuis laquelle prolifèrent des riffs venimeux qui grouillent, se répandent, avant d’injecter un poison dans les veines de celui qui les reçoit en pleine face. Ni rapide ni dépressif mais sans doute un peu les deux à la fois, Thrall n’est en réalité pas inféodé à une quelconque sous-chapelle. C’est du Black Metal, point barre, extrêmement sinistre, forcément malsain et toujours chargé d’un stupre fielleux, dans sa manière de couler des lignes de guitares morbides que gangrène une lèpre insidieuse, témoin la lancinante entame de "Disease’s Maiming Caress". 


D’une lourdeur implacable, et misant sur les ambiances croupissantes plutôt que sur les furieuses saillies, incarnées toutefois par "Vermin To The Earth", écartelé cependant par des aplats malsains, ou "Oblivion", aux modelés groovy presque Rock’n’roll, ce second calice au sang noir s’abîme dans les méandres de l’indicible. Lorsque le groupe se lance dans l’érection d’une démesurée turgescence infernale, gonflée d’un fluide maladif, comme il le fait durant les 8 minutes du mortifère "Plagues Of Man", lorsqu’il étend un charnier d’atmosphères lugubres (le nihiliste "Mass Extinction", que secouent toutefois de démoniaques coups de boutoir), le groupe atteint alors une forme de beauté crépusculaire mêlée d’une noirceur aux relents d’apocalypse, peinture définitive d’un monde à l’agonie au bord du chaos dont les pinceaux sont ces riffs vecteurs de malaise aux allures de scalpels rouillés trempés dans une gouache corrosive. Ode à l’extinction de la race humaine charriant une poisseuse misanthropie qui s’accouple avec une haine de Dieu, Vermin To The Earth sécrète véritablement un mal absolu et ce faisant s’impose comme un très grand disque de Black Metal. Une découverte ! (21.10.2011 | MW) ⍖⍖⍖

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