Accéder au contenu principal

Kevin Connor - A Choice Of Weapons (1976)


A Choice Of Weapons est un film aussi méconnu qu'oublié, ce qui peut sembler surprenant eu égard à sa prestigieuse distribution où, sous la houlette de Kevin Connor, artisan mineur mais sympathique (Frissons d'outre-tombe, Les sept cités d'Atlantis), se croisent Peter Cushing (qui n'a quelques scènes), John Mills, Donald Pleasence, Barbara Hershey, Bernard Hill et David Birney. En visionnant cette bobine aux nombreux titres alternatifs (Trial By Combat, A Dirty Knight's Work), on comprend pourtant assez vite pourquoi celle-ci a disparu de la mémoire des cinéphiles. 


Le sujet est curieux (une mystérieuse confrérie dont les membres sont déguisés en chevalier exécute les criminels par des méthodes héritées du Moyen Âge) et aurait pu, par son étrangeté, fournir matière à un épisode de Chapeau melon et bottes de cuir mais, étiré sur près de 90 minutes, il aboutit à un résultat bancal qui hésite entre comédie et enquête policière. La présence conjointe de Peter Cushing et de Donald Pleasence ne doit donc pas vous tromper, A Choice Of Weapons ne dispense pas la moindre bribe de terreur mais témoigne que, dans les années 70, la grandeur du cinéma fantastique anglais n'est plus qu'un lointain souvenir, quand bien même son charme opère encore un peu. Reste une rareté à picorer comme telle, à peine sauvée par la photographie de Alan Hume et ces comédiens qui, s'ils n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent, habitent des personnages amusants (John Mills qui a toujours dans sa poche des friandises pour les animaux) ou modérément inquiétants (Donald Pleasence). (23.12.2022) ⍖⍖



Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...

Clint Eastwood - Jersey Boys (2014)

Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...