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OSI - Free (2006)


S'il a tout d'abord été assimilé aux nombreux side-projects du boulimique batteur de Dream Theater, Mike Portnoy, entre Liquid Tension Experiment, Transatlantic ou la carrière solo de Neil Morse, OSI est surtout la chose, le laboratoire de Jim Matheos, guitariste de Fates Warning de son état et de l'ancien claviériste du Theâtre du Rêve justement, Kevin Moore, artiste passionnant s'il en est. Ce second opus, après une première salve remarquée, notamment en raison des musiciens en présence - lorsque s'associent le temps d'un enregistrement des pointures telles que les trois lascars déjà cités, accompagnés de Steven Wilson de Porcupine Tree et de Sean Malone de Gordian Knot, le résultat a peu de chance de passer inaperçu ! - le démontre clairement, Portnoy se voyant ici relégué au rang d'accessoire, tandis que la basse est assurée par le mercenaire, au demeurant talentueux, Joey Vera. Moins foncièrement prog que son admirable prédécesseur, Free creuse de fait un sillon de plus en plus similaire à celui de Chroma Key, le principal port d'attache de Moore. Celui-ci s'en défend. Pourtant il semble bien difficile de ne pas songer à ce projet à l'écoute de ces titres dépouillés, presque désincarnés par moment,  que sont les sublimes "Sure Your Will", "All Gone Now "Home Was Good". 


Le chant singulier du claviériste est sans doute pour beaucoup dans cette similitude, de même que le caractère électro de l'album, davantage affirmé que sur Office Of Strategic Influence. Toutefois, Jim Matheos ne manque jamais de colorer ces nouvelles compositions de touches furieusement metal et que l'on ne croiserait pas sur les disques de Chroma Key, à l'image de "Bigger Wave" ou de "Simple Life", véritables Janus musical devant autant au chanteur qu'au guitariste. Du coup, désormais hydre à deux têtes, OSI apparaît plus équilibré car recentré autour des influences et des identités bien définies de ses principaux instigateurs. Il gagne en personnalité ce qu'il perd en puissance. Dépourvu d'un titre du gigantesque calibre de "ShutDOWN" qui avait propulsé son ainé vers des sommets, Free est du coup moins aisé à pénétrer, et ce en dépit d'une inspiration qui fonctionne toujours à plein régime et de relents hypnotiques qui le rendent des plus envoûtants. A noter que l'édition limitée renferme un second cd composé de 6 plages intéressantes, dont le puissant "Osidea 9" et sa ligne rythmique obsédante, qui aurait largement mérité de figurer sur l'album en lui-même. (20.03.2007) ⍖⍖

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Thumos - Symposium (2023)

Selon sa (bonne) habitude, Thumos ne reste jamais silencieux bien longtemps, venant frapper à notre porte tous les six mois environ, parfois moins comme l'illustre Symposium qui surgit à peine quatre mois après le EP Kallipolis . Nous pourrions évidemment craindre que cette insolente fertilité se solde par un assèchement de la créativité de ce groupe si particulier mais il n'en est pour l'instant rien. Nous pourrions craindre également que celui-ci finisse par se répéter, enfermé dans le cadre imposé par un post doom instrumental dont les limites semblent de prime abord évidentes. Là encore, Thumos réussit à chaque fois à éviter le piège de la redite, de la photocopie d'une signature au demeurant désormais clairement identifiée tant dans la forme (une partition engourdie par une pesanteur sévère) que dans le fond (la Grèce antique comme curieux combustible). Le mystère demeure toujours autour de ce groupe dont on n'est pas certain qu'il en soit véritablement un,...

Laudanum - The Coronation (2009)

Le laudanum est un médicament à base d'opium utilisé comme calmant et très en vogue au XIXème siècle. C'est aussi le nom d'un groupe dont la musique se veut plus proche de la corrosion des drogues que d'un somnifère. Aux confins du doom halluciné, du sludge tellurique, du drone et de la noise, les Américains sculptent au burin un univers très personnel, dérive psychopathe rongée par une lèpre vicieuse. Cinq ans après une première dose remarquée ( The Apotheker ), The Coronation a quelque chose d'un labyrinthe humide d'une noirceur abyssale. 100 fois plus evil que bien des hordes grimées à la truelle et exaltant les forces des ténèbres, Laudanum écrit des bandes-sons cauchemardesques qui ne filent jamais droit. Il y a véritablement quelque chose de pourri, de souillé dans ce magma brulant et maladif, preuve en est le déglingué "Invoke", reptation stridente aux riffs obsédants. Basé sur un canevas pour moitié instrumentale ("Procession" "...

Jerry Thorpe - All God's Children (1980)

Les bons sentiments font rarement les bons films. All God's Children le démontre encore une fois, téléfilm qui, à travers le sujet du busing (expérience visant à développer la mixité raciale dans les transports scolaires), ausculte les maux d'une petite communauté gangrené par le racisme ordinaire et en corollaire la ségrégation qui sévit encore au sein de la société américaine des années 70.  Un thème intéressant et courageux malheureusement traité platement par Jerry Thorpe, fils de Richard et pourtant auteur d'un Jour des Apaches (1968) de bonne mémoire. Sincères, les comédiens y croient mais paraissent impuissants à rendre ce drame captivant. Démocrate convaincu, Richard Widmark campe un juge rongé par les remords après que sa décision d'imposer la mixité scolaire notamment dans les transports, déclenchent des contestations violentes et in fine la mort d'un adolescent (noir) qui a volé un bus avec son copain (blanc). Il est évidemment impeccable, tout comme Ne...