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Joseph Losey - Accident (1967)


Joseph Losey orchestre la rencontre entre ses deux comédiens fétiches, Dirk Bogarde et Stanley Baker dont l'affrontement est tout du long larvé, silencieux et pourtant extrêmement tendu. C'est l'opposition entre de deux personnalités, l'une d'une élégance trouble, l'autre plus virile mais tout aussi fragile. Baker livre une performance au moins aussi subtile que son compagnon. Losey scrute la psychologie de son personnage principal à travers le regard duquel se développe le récit dont le catalyseur est incarnée par Jacqueline Sassard d'une beauté faussement angélique. Jalousie et rancoeur couvent sous la surface de relations polies et de bonnes manières de gentleman, sous le vernis de la respectabilité, les fêlures, les regrets sont tapis. 

Avec une économie d'effets, où les regards, les silences et des gestes discrets en disent plus longs que bien des discours ou des mouvements d'appareils, le maître ausculte les sentiments refoulés. Aidé par la remarquable photographie de Gerry Fisher, avec lequel il collaborera de nombreuses fois, Losey soigne une mise en scène dont la discrétion trahit en réalité un travail du cadre et de l'espace admirable, utilisant avec intelligence décors extérieurs paisibles et intérieurs que grignotent des ombres menaçantes. Notons aussi l'hommage à Alain Resnais à travers le personnage joué par Delphine Seyrig. A la fin, l'équilibre brisé, l'ordre semble restauré mais le son d'un nouvel accident ferme le film sur une note incertaine... (01.04.2016) ⍖⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...