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Muhūrta - Tamas (2024)


Il n’est jamais trop tard pour découvrir un (très) bon album. Tel est le cas de Tamas, première trace discographique de Muhūrta, publiée en mars 2024 mais qui atteint nos oreilles seulement cet automne. Qu’est-ce que c’est, Muhūrta ? C’est un groupe français (parisien pour être plus précis) qui tente la fusion entre death metal et musique indienne. Le syncrétisme métalico-oriental n’est pas nouveau, que l’on songe au pionnier Orphaned Land ou à Arkan mais dans ce chemin de Katmandou aventureux, cette jeune pousse tire incontestablement son épingle du jeu. Du death, il puise un chant guttural, des guitares appuyées et parfois une rythmique de bulldozer, tandis que les influences hindoues sont diffusées par le biais d’instruments évocateurs de sonorités et de fragrances lointaines, tels que sitar, gong, tabla, tambûr… De parcimonieuses voix claires (sur ‘Jivan Chakr’ par exemple) viennent pigmenter un ensemble aux traits lourds et lui conférer des atours presque pop (‘Kavir’). 

Si les effluves orientales emplissent seules les pistes instrumentales qui en balisent le menu, à l’image de ‘Raag Bhairav – Alapi’ et plus encore l’envoûtant ‘Raag Jaunpuri – Vilambit’ ou le court ‘Raag Marwa - Drut’) qui semble s’être échappé du Monterey International Pop Festival durant lequel Ravi Shankar a immortalisé en 1967 une des plus fameuses performances, les six autres compositions les coulent dans un moule en acier trempé. Le résultat est à la fois puissant et aérien, irrigué tout du long par un sitar sautillant. Passé une entame aux brumes orientales, ‘Kali Mata’ durcit le ton sans toutefois jamais gommer totalement une ambiance rêveuse et percussive. Plus loin, ‘In The Cage’ résume bien également ce mélange des genres, cet équilibre parfait entre deux mondes qui contre toute attente se frottent, se mélangent avec bonheur. Feu d’artifice de sons et d‘arômes  ‘Madness Of The West’ étonne par les chemins foisonnants et divers voire contraires qu’il sillonne sans jamais s’égarer. Quant à ‘Analaha’, il s’agit de la pièce la plus alambiquée, témoignant d’une évidente porosité avec un metal progressif chamarré. Refuge d’un death brahmanique, Tamas est une excellente découverte qui convoque l’Orient en un trip rocailleux et spirituel. (04.10.2024 | LHN) ⍖⍖⍖

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Paradise Lost - Medusa (2017)

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