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Nazareth - Razamanaz (1973)


A l'instar d'Uriah Heep par exemple, Nazareth fait partie de ces groupes qui ont gravité autour du succès du triumvirat Led Zeppelin / Deep Purple / Black Sabbath, sans pouvoir prétendre un jour détrôner ces trois géants sur l'autel du hard rock des années 70. Cela n'a pas empêché le combo écossais formé en 1968 de rencontrer un succès certain mais limité ; sans doute la faute à une personnalité pas suffisamment affirmée et à une incapacité à pondre des hits intemporels. Bien qu'efficaces, enlevés et plaisants, aucun des titres dont a pu accoucher Nazareth ne possède la dimension d'un "Smoke On The Water" ou d'un "Stairway To Heaven". Pour autant, son hard boogie teinté de blues est loin d'être désagréable, comme le démontre cette troisième galette, produite par Roger Glover, alors encore bassiste du Pourpre Profond, et probablement la plus célèbre de la formation. 


Razamanaz est une collection de morceaux bien rythmés et accrocheurs, parmi lesquels on retient surtout le survitaminé "Razamanaz", "Alcatraz", les brûlots bluesy sentant bon le whisky que sont "Vigilante Man", "Woke Up This Morning", "Night Woman" et surtout le lent "Sold My Soul", lequel, de part son caractère pesant et heavy, se singularise du reste de l'album. Le groupe doit cette bonne tenue à la présence parmi ses rangs d'un excellent chanteur, Dan McCafferty, puissant et au timbre parfait pour déclamer ce type de hard nourri au blues ; et d'un guitariste, Manny Charlton, qui, sans atteindre le niveau d'un Ritchie Blackmore (peu le peuvent, du reste), décoche des soli rageurs, n'hésitant pas à recourir à la slide ("Bad, Bad Boy"), pour colorer son jeu de teintes sudistes. Rien de révolutionnaire, ni d'indispensable donc, mais un bon disque de hard à l'ancienne, entraînant et rafraichissant. Une bonne pioche pour qui se sent des envies d'archéologue. (02.06.2007) ⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...