A l'instar d'Uriah Heep par exemple, Nazareth fait partie de ces groupes qui ont gravité autour du succès du triumvirat Led Zeppelin / Deep Purple / Black Sabbath, sans pouvoir prétendre un jour détrôner ces trois géants sur l'autel du hard rock des années 70. Cela n'a pas empêché le combo écossais formé en 1968 de rencontrer un succès certain mais limité ; sans doute la faute à une personnalité pas suffisamment affirmée et à une incapacité à pondre des hits intemporels. Bien qu'efficaces, enlevés et plaisants, aucun des titres dont a pu accoucher Nazareth ne possède la dimension d'un "Smoke On The Water" ou d'un "Stairway To Heaven". Pour autant, son hard boogie teinté de blues est loin d'être désagréable, comme le démontre cette troisième galette, produite par Roger Glover, alors encore bassiste du Pourpre Profond, et probablement la plus célèbre de la formation.
Razamanaz est une collection de morceaux bien rythmés et accrocheurs, parmi lesquels on retient surtout le survitaminé "Razamanaz", "Alcatraz", les brûlots bluesy sentant bon le whisky que sont "Vigilante Man", "Woke Up This Morning", "Night Woman" et surtout le lent "Sold My Soul", lequel, de part son caractère pesant et heavy, se singularise du reste de l'album. Le groupe doit cette bonne tenue à la présence parmi ses rangs d'un excellent chanteur, Dan McCafferty, puissant et au timbre parfait pour déclamer ce type de hard nourri au blues ; et d'un guitariste, Manny Charlton, qui, sans atteindre le niveau d'un Ritchie Blackmore (peu le peuvent, du reste), décoche des soli rageurs, n'hésitant pas à recourir à la slide ("Bad, Bad Boy"), pour colorer son jeu de teintes sudistes. Rien de révolutionnaire, ni d'indispensable donc, mais un bon disque de hard à l'ancienne, entraînant et rafraichissant. Une bonne pioche pour qui se sent des envies d'archéologue. (02.06.2007) ⍖⍖


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