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Romano Ferrara - Gungala, la vierge de la jungle (1967)


Avec La vierge de la jungle, Artus inaugure une nouvelle collection dédiée aux filles de la jungle, du cinéma alternatif pur jus comme on l'aime. Après le succès de Liane la sauvageonne (1957), les Italiens s'engouffrent dans la fente et mettent en branle les aventures de Samoa, Tarzana (ça ne s'invente pas) ou de Gungala donc. Comme souvent, ils accentuent la nudité inhérente à ce genre d'héroïnes, gratifiant la rétine de nombreuses scènes topless. C'est d'ailleurs le seul intérêt de cette modeste production sans doute tournée dans un bois autour de Cinecitta. Réalisateur du Monstre aux yeux verts avec Michel Lemoine, Romano Ferrara n'a aucun talent et met en scène platement un scénario qui tourne à vide, simple prétexte dévoiler la beauté dénudée de Kitty Swan. 

Seule sa présence - et celle de Linda Veras, qu'on aimerait davantage voir à poil - maintiennent vaguement le spectateur en éveil, lequel n'attend qu'une chose : admirer la superbe plastique de la Danoise qui n'a rien à dire et se contente de courir ou de se baigner sans aucune raison du reste ! Quoique mineur, ce Gungala connaîtra un certain succès, qui inspira à la fois le fumetti Jungla et une suite, La panthère nue, nettement plus enthousiasmante car avec beaucoup plus de cinéma dedans. Il faut dire que c'est Ruggero Deodato, futur auteur de Cannibal Holocaust, qui sera aux manettes... (30/12/2018) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Burning Witches - Wings Of Steel (2019)

Avec son unique piste inédite flanquée de trois extraits live, Wings Of Steel ressemble davantage à un single gonflé aux OGM qu'à l'EP vendu comme tel par Nuclear Blast. Ajoutons à cela le fait que le morceau-titre en question a déjà été diffusé en format digital en juin dernier et vous aurez donc compris tout seul que l'intérêt de cet objet se révèle très limité ou destiné aux fans désireux de tout posséder de leur groupe favori, jusqu'à la moindre miette. Bref, quelle est l'utilité d'une telle rondelle, si ce n'est, pour l'écurie teutonne, le besoin de capitaliser sur le nom de Burning Witches dont le casting 100% féminin n'est étranger ni à son succès et ni à son exposition accrue. Ceci étant, Wings Of Steel possède au moins le mérite de présenter à ceux qui ne la connaîtraient pas encore la remplaçante de Seraina Telli, partie se concentrer sur son Dead Venus à elle. Ancienne chanteuse du modeste Shadowrise, qui n'a semble-t-il pas survécu ...

Onségen Ensemble - Fear (2020)

Onségen Ensemble fait partie de ces formations assez inclassables qu'on serait tenté de ranger, maladroitement peut-être, dans le rock progressif, selon la définition crimsonienne du terme. Comprendre que les Finlandais font moins dans le déballage technique que dans la performance artistique, dans le happening sonore. C'est le plus souvent instrumental bien que des chœurs, féminins ou masculins, viennent par moment hanter des compositions aux contours flous, à l'architecture mouvante. Autour d'un noyau guitare/basse/batterie se greffe un line-up à géométrie variable dans lequel saxophoniste, clarinettiste ou violoniste (entre beaucoup d'autres) se croisent. Nappé de claviers fantomatiques, l'ensemble se pare d'atours puissamment cinématiques. Sur un socle cependant plutôt lourd, vestiges des racines metal de ses principaux artisans, le space rock le plus cosmique s'emboite au free jazz le plus barré dans une fusion des éléments qui n'est parfois pas...

Robert Wise - Le coup de l'escalier (1959)

Très admiré par Jean-Pierre Melville, tourné entre le remarquable Je veux vivre (1958) avec Susan Hayward et la célèbre comédie musicale West Side Story (1961), Le coup de l’escalier représente un des sommets de l’œuvre de Robert Wise et du film noir en général. Comme souvent, son titre français, au demeurant non dénué d’une certaine poésie, est à côté de la plaque, à croire que les distributeurs n’ont visionné que la dernière bobine ! Drapé dans un très beau noir et blanc, Odds Against Tomorrow n’est pas qu’une énième histoire de braquage de banque (évidemment) foireux. Le coup lui-même n’occupe que le dernier tiers du film. Au vrai, il s’agit avant tout du portrait de deux hommes, un noir et un blanc qui, obligés de travailler ensemble, vont finir par se détester et s’entre-tuer. On suit pendant près d’une heure leur chemin respectif, leurs problèmes, les motivations qui en découlent et les poussent à accepter ce casse organisé par un ancien flic.  Le noir, c’est Harry Belafon...