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Wolves In The Throne Room - Celestial Lineage (2011)


Peut-être est-ce du snobisme mal placé... ou pas. Toujours est-il qu'il était de bon ton depuis trois ans, d'ignorer Wolves In The Throne Room, entité jadis mystérieuse, découverte grâce au superbe visuel ornant Diadem Of 12 Stars, sa première offrande de 2006, invite à pénétrer un Black Metal dont les termes épiques et atmosphériques ne réussissaient qu'à peine à effleurer l'essence intime malheureusement devenue (trop vite) 'branchouille' dans un certain milieu qui ne connait rien à l'art noir, quand il ne le méprise pas carrément. La faute aussi à des travaux tels que Malevolent Grain et Black Cascade qui n'étaient pas parvenus non plus à égaler la flamboyance obscure de Two Hunters. En devenant, veuillez excuser l'emploi de cette expression détestable, 'tendance', les Américains semblaient avoir perdu en cours de route ce qui faisait leur charme, un charme qui n'était pas sans évoquer la musique d'Agalloch en moins Post-Rock toutefois. Malgré la présence en tant qu'invité d'Aaron Turner (Isis), qui cherche à battre Scott Kelly pour le nombre d'apparitions chez les copains qui ne servent pas à grand chose, et un succès attendu dans la presse bobo parisienne, Celestial Lineage devrait étonnamment en réconcilier pas mal avec Wolves In The Throne Room qui s'est rappelé quel grand groupe il était à ses débuts. 


Il y a d'ailleurs beaucoup de Diadem Of 12 Stars et de Two Hunters dans cette exploration qui ravive le brasier d'un Black Metal mû par des vibrations mystiques provenant d'un humus terreux. L'œuvre doit beaucoup à son formidable titre d'ouverture, "Thuja Magus Imperium", dont le chant féminin habité renvoi, par sa ténébreuse et spectrale beauté, toutes les Castafiore du dimanche. Grace à ses onze minutes, Celestial Lineage semble être au Black Metal ce que le premier album éponyme de Worm Ouroboros fut au Doom atmosphérique: un joyau douloureux grondant d'une puissance souterraine. On retrouve ces incantations féminines sur "Woodland Cathedral", piste squelettique où le chant n'est souligné que par un lointain Sustain de guitare abrasive. Malgré une approche plus extrême, "Subterranean Initiation" étend un maillage atmosphérique crépusculaire, cependant qu'"Astral Blood", écartelé par une pause acoustique belle et déchirante, et "Prayer Of Transformation", long périple aux touches lancinantes, vibrant d'un désespoir magnétique et nocturne, forment un tunnel de plus de vingt minutes où les Américains poussent à son paroxysme cet art qui puise sa source dans les entrailles de la terre et dans une nature sombre et mythologique. Ce faisant, ils signent leur meilleur album depuis Diadem Of 12 Stars, rien de moins, et rassurent ceux qui regrettaient une exposition dont le genre n'a pas besoin. (2011 | MW) ⍖⍖⍖

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Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

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