Alors, la voilà enfin, cette sixième ode mortifère de Shining. Oh non pas que nous ayons dû patienter longtemps depuis sa devancière, Halmstad, vomie il n'y a que deux ans, mais, annoncé depuis longtemps et retardé pour d'obscures raisons (la production commandée auprès de Rickard Bengtsson serait fortement critiquée par Kvarforth, sans oublier la pression du label, Osmose, qu'il a depuis largué pour Indie Recordings, pressant le groupe de livrer rapidement un nouvel opus dans les bacs), Klagopsalmer commençait à adopter des allures d'arlésienne du metal noir et suicidaire. On peut reprocher beaucoup de choses à Niklas Kvarforth : sa folie destructrice, sa bêtise parfois (cf. sa pseudo mort il y a quelques années), le fait d'être devenu à la mode et cela pas forcément malgré lui, d'avoir perdu son âme et la noirceur poisseuse, insondable qui minait ses premiers méfaits et surtout le cultissime Within Deep Dark Chambers... Néanmoins, à sa décharge, il faut lui reconnaître, outre le soin de bien savoir s'entourer, une volonté de continuer à travailler son art et sa vision du black metal, quand bien même l'évolution qu'il fait prendre à son entité ne fait pas/plus que des adeptes. Mais, en l'espace d'une poignée d'albums et bien qu'en faisant sien l'héritage de Burzum, son projet a su créer une voie qu'il lui est propre, aujourd'hui copiée jusqu'à l'écoeurement par des palettes entières de suiveurs de bas étage. Fidèle à un format - six titres pas plus - dont il ne se départira sans doute jamais, Kvarforth poursuit avec Klagopsalmer la trajectoire tracée par Halmstad, celle qui est entrain de mener peu à peu son black metal vers une musique, certes toujours aussi charbonneuse mais surtout de plus en plus sophistiquée, voire progressive.
Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...


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