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Moss - Cthonic Rites (2005)


Les crédits imprimés le plus simplement du monde à l’intérieur du maigre livret peut déjà nous renseigner quant à la teneur du contenu musical ( ?) de ce mystérieux méfait du groupe anglais Moss. Produit par Jus Oborn, gourou  ésotérique du cultissime Electric Wizard et masterisé par Greg Chandler, maître à penser du non moins culte Esoteric (amis du easy-listening, bonsoir !), Cthonic Rites ne peut être qu’une plongée en apnée dans les profondeurs de l’indicible. Le fait qu’il n’y ait au menu que deux titres ( !) pour 66.6 minutes ( !) doit être un autre indice pour  tous les doomeux masochistes toujours à la recherche DU disque le plus extrême dans sa lenteur agonisante. Et autant le dire tout de suite, ils ne seront pas déçus ! Nous tenons là même probablement l’un des machins les plus extrêmes, les plus jusqu’auboutistes jamais vomis par une scène doom, pourtant jamais avares en spéléologie musicale (Winter, Skepticism ou Tyranny en sont quelques exemples) ; au point que parler de doom pour qualifier l’univers gravé par Moss semble presque absurde. 

Sans basse, le trio déverse une musique inhumaine et cauchemardesque tellement lente et pétrifiée qu’elle donne envie, soit de la rejeter en bloc (ce que fera la majorité des pauvres hères qui auront tenté l’expérience), soit de se laisser envoûter par le magma sonore qui la constitue. Option retenue par l’auteur de ces lignes, bien entendu ! Une guitare toujours au bord de la rupture, parfois aux confins du drone, des cris d’agonie, une absence de rythme qui donne l’impression que ces deux titres ne s’arrêteront jamais ; Cthonic Rites confine à la transe chamanique et acide. Esprits cartésiens, passez votre chemin car il n’y a rien à comprendre. Plus que jamais, le doom, surtout dans sa configuration la plus extrême, est une question de foi, ni plus ni moins. Dans tous les cas Moss renvoie à leur chères études tous les pourvoyeurs en funeral doom récemment sortis de leur cimetière. Moins beau que la désolation nordique à la Shape Of Despair, mais cent fois plus abyssal, Cthonic Rites est à réserver aux plus dégénérés d’entre vous. Un gage de qualité donc. (04/07/07) ⍖⍖⍖

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Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

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