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Clint Eastwood - La sanction (1975)


Quatrième réalisation de Clint Eastwood, La sanction est un paradoxe. Alors qu'il s'agit sans doute de l'un de ses films (à priori) les moins personnels, qui plus est ostensiblement misogyne, raciste et homophobe, le résultat est pourtant jubilatoire et toujours aussi agréable à regarder, même quarante ans plus tard et des dizaines de visionnages. Car en réalité, sans chercher à faire de lui ce qu'il n'est pas, ce métrage est toutes en contradictions. Sexiste ? Le personnage interprété par la star est moins un mâle viril qu'un homme qui se laisse séduire par des femmes qui ne sont pas ce qu'elles semblent être. Raciste ? Le premier rôle féminin est joué par une figure de la blacksploitation... 

Alors bien sûr, l'histoire ne tient pas de debout un seul instant mais se veut avant tout un prétexte à de saisissantes scènes d'alpinisme, d'un réalisme alors inédit. Et en définitive, ce sont peut-être ces paysages, eux aussi riches de leurs contrastes, à la fois majestueux et graves, paisibles et menaçants, qui sont les véritables héros du film porté par une belle musique de John Williams, cadre sauvage que Eastwood magnifie par une mise en scène virtuose. Enfin, Clint et George Kennedy forment un duo charismatique dans cette production qui, à l'image de ses héros, n'est jamais vraiment ce qu'elle paraît être, mêlant espionnage, humour, action et aventures en un cocktail qui ne ressemble à nul autre. (2005) ⍖⍖⍖





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TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖