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Clint Eastwood - Bird (1988)


D'une certaine manière, Bird peut être considéré comme une oeuvre charnière dans la carrière d'Eastwood dont le talent de metteur en scène était jusque là au mieux sous-estimé, au pire ignoré, même si certains critiques ont commencé timidement à se réveiller avec Honkytonk Man (1982). Dès lors, (enfin) pris au sérieux, il sera perçu comme un véritable auteur, au sens européen du terme. Comme il le fera plus tard avec J. Edgar (2011), quoique avec une réussite moindre, Clint opte pour une biographie au scénario en forme de puzzle, balancement incessant entre (plusieurs) passés et présent. 

Amoureux de jazz, il signe un film très personnel, trouvant en Charlie Parker un personnage selon son coeur, être solitaire et magnétique autour duquel gravite une petite communauté. La bande-son est magnifique et nul besoin d'être connaisseur pour apprécier cette production au rythme lent, bien entendu portée par un Forest Whitaker brillant, auquel Diane Vernora tient néanmoins la dragée haute. L'acteur sera très justement récompensé à Cannes. Succès critique, Bird ouvre pourtant pour Eastwood une période de turbulences entre échecs commerciaux et déboires personnels... (2016) ⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖