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Witchcraft - Black Metal (2020)


Black Metal a au moins un mérite, celui de nous rappeler que Witchcraft n'a jamais vraiment été un vrai groupe mais le seul véhicule de Magnus Pelander, son chanteur et guitariste. Les (nombreux) musiciens qui l'ont épaulé depuis le premier opus éponyme de 2004 n'ont toujours été pour lui qu'une caisse à outils. Qu'a-t-il fait du bassiste Tobias Anger et du batteur Rage Wideberg avec lesquels il a gravé Nucleus en 2016 ? Nous l'ignorons. C'est donc en solitaire que le Suédois a enregistré ce sixième album. Il est vrai que son format dénudé s'y prête. Sa voix et sa guitare irriguent seules cet essai boisé et squelettique. Pourquoi pas ? Eu égard à son incontestable talent, voir le bonhomme errer sur des routes avec sa gratte en bandoulière pour nous compter des tranches de vie à la manière des artistes folk et country américains était intriguant. Cet exercice acoustique n'était donc pas nécessairement voué à l'échec.


Pourtant, à l'arrivée, tout sonne faux dans ce Black Metal, à commencer par son titre dont on cherchera longtemps le sens caché. Plus grave encore, le résultat se solde par un mortel ennui qui sombre même dans la chiantise la plus absolue lors d'un 'Grow' long de presque huit minutes interminables. Quand Magnus s'imagine crooner de destins brisés, d'amourette naïve ('A Boy And A Girl'), le naufrage n'est pas loin. Dans ces rares bons moments, l'œuvre réussit, certes d'une manière lointaine, à évoquer le Witchcraft que l'on aime, témoin ce 'Elegantly Expressed Depression' dont la sécheresse mélancolique touche au cœur. Débarrassées du chant de Magnus pourtant non dénué d'émotions, certaines plaintes pourraient même constituer de douces respirations forestières ('Sad Dog') mais, en l'état, ne réussissent qu'à nous endormir. Mornes et sans âme, elles ne sont que de tristes chansons, au plus mauvais sens du terme ('Take Him Away'). Qu'est-ce qui a bien pu traverser l'esprit de Pelander, jadis si inspiré ? Il ne reste plus qu'à souhaiter qu'il reprenne vite le chemin du hard rock vintage dont Witchcraft demeure, avec Graveyard et Horisont, le plus bel artisan suédois, et oublier au plus vite ce faux-pas... (16.05.2020 | MW) ⍖


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Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

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La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖