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Clint Eastwood - Breezy (1973)


A première vue, Breezy reste une œuvre à part dans la carrière de Clint Eastwood. Le sujet, l’histoire d’amour entre un homme vieillissant et une jeune hippie, semble très éloignée de son univers. Pourtant, après analyse, il est évident qu’il s’inscrit parfaitement dans la thématique de son auteur. Breezy constitue la troisième mise en scène de Clint Eastwood, après Un frisson dans la nuit et L’homme des hautes plaines. En trois films, il prouve déjà sa curiosité pour toutes sortes de sujets, et démontre qu’il est un artiste complet qui ne se laissera jamais enfermer dans un seul type de cinéma, Habitué à l’action, Eastwood surprend agréablement en livrant une œuvre empreinte de tact, de pudeur et de tendresse, notamment durant les scènes d’amour entre Frank et Breezy. Le cinéaste est aussi aidé, il est vrai, par deux acteurs en tout point remarquables. William Holden campe avec talent et sobriété cet homme vieillissant qui, malgré les qu’en-dira-t-on, décide de vivre pleinement cette ultime chance de bonheur. Clint aurait aimé interpréter ce rôle, mais il y renonça, se jugeant trop jeune. En dépit des années et d’une vie faite d’excès éthyliques, Holden reste séduisant et demeure toujours à l’aise dans la peau d’un cynique. 

Sa partenaire, Kay Lenz, est alors inconnue et, malheureusement, le restera plus ou moins, n’ayant pas su (pu) confirmer cette prestation digne d’éloge. Toujours est-il, qu’elle confère charme et fraîcheur à cette histoire et s’accorde parfaitement avec le jeu minéral de William Holden. Breezy conte la régénérescence d’un cynique à travers une vision très libérale de l’Amérique contemporaine.. Eastwood dépeint avec beaucoup de justesse la vie de cet homme victime du regard d’autrui et de la soi-disant bonne moralité d’une société formatée et hypocrite. En cela, le film n’est sans évoquer Sur la route de Madison, qu’il réalisera bien plus tard et dans lequel on trouve à nouveau un couple vivant, comme Frank Harmon, une dernière histoire d’amour au sein d’une petite ville critiquant non plus la différence d’âge mais l’adultère. "Breezy nourrit également des points communs avec Un frisson dans la nuit (même scénariste, Jo Heims, et même ambiance parfois psychédélique et bucolique, notamment lorsque le couple se promène sur la plage) et, d’une manière certes moins évidente que les deux premiers, avec Million Dollar Baby qui met en scène une femme, laquelle, à l’instar de la jeune hippie s’attache à un homme plus vieux quelle, prénommé aussi Frankie. Malgré ses qualités, ce très joli film, le plus méconnu peut-être du cinéaste, connaît un échec critique et commercial. Avec le recul, il s'agit pourtant de l'une de ses plus grandes réussites. (2005) ⍖⍖⍖⍖





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Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

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